ESSENTIA : une pièce maîtresse d’exception

Essence, du latin essentia : ce qui est. Nature propre et nécessaire d’une chose, ce qui la constitue comme ce qu’elle est et lui donne sa réalité fondamentale.

English translation is below

Combiner les artisanats, entremêler nos savoir-faire, nos sens de l’esthétique, nos valeurs profondes et notre envie de challenge… Ainsi est né, après deux ans de réflexion et d’innombrables heures, semaines, de fabrication, « Essentia ».

« Essentia » est une pièce unique, entièrement pensée et faite main en Normandie (France), fruit de la collaboration de deux artisans passionnés : Benjamin ALBRYCHT, forgeron coutelier d’art de La forge d’Asgeir et Lucie BRAILLON, sculptrice de l’atelier de la Lettre aux ours.

DIAPORAMA

SON HISTOIRE

Essentia est le fruit d’une réflexion qui a muri dans nos esprits durant deux années. L’idée était ici de représenter une ode à la nature et à sa beauté, de symboliser à la fois sa puissance et le fil de la vie et de ses cycles complexes, sa symbiose active, ses équilibres, ses lois immuables (représentée par une lame en acier feuilleté faite de multiples couches et faisant penser aux veines d’un arbres, aux ondes de l’eau, du son… et par un fil tranchant), sa diversité incroyable et ses forces combinées (représentées par les différentes matières qui font ce couteau), mais aussi son état en perpétuel mouvement de croissance et de décroissance, telles les fougères qui se déploient lentement, libèrent leurs spores puis retournent à la terre en un cycle éternel mais aussi fragile.

Ce manche et ce fourreau en « dentelle » de bois sculpté rappelle la nature évanescente de toute chose, éphémère, vaporeuse, précieuse réalité qui nous échappe…

DETAILS DE SA CONCEPTION

Dimensions (indicative et haut plus long / plus large ) : couteau d’environ 22 cm de longueur totale – Lame : 9.8 cm de long pour 2 cm de large (épaisseur de 3 mm environ) – Manche : 12 cm au plus long (environ 2 x 3.5 cm d’épaisseur). Fourreau : 11.5 au plus long pour 4.5 cm au plus large (1.7 cm au plus épais). Couteau et son fourreau : 23.5 cm de long environ.

Poids : Couteau seul : 70g – fourreau : 80g – ensemble au total : environ 150 g.

Lame : acier suédois feuilleté à lecture damassée fabriqué artisanalement par un atelier allemand (père et fils fabriquant des aciers feuilletés depuis plus de 60 ans) qui a été forgé et mis en forme artisanalement à la force du marteau sur l’enclume par Benjamin ALBRYCHT. Il possède une haute résistance à la corrosion. C’est un acier classé alimentaire pouvant être utilisé par les professionnels de la cuisine.

C’est un couteau à lame fixe. Le dos de la lame est guilloché (ciselure décorative).

Manche : néflier sauvage de Normandie (Calvados). Ce bois rare et précieux est ici revalorisé et non issu de la déforestation, ajouré sur la partie inférieur du manche et sculpté main au couteau durant de très nombreuses heures par Lucie BRAILLON. C’est un très beau bois au grain fin et à la teinte rosée. Les veines du bois ont été révélées grâce à une huile scandinave, mélange protecteur à base de sève de bouleau et de pin du nord traditionnel et écologique, ainsi que par un léger vernis naturel non toxique à l’ancienne appliqué au tampon. Une patine à base d’ocres naturelles du Roussillon (sud-est de la France) a été réalisée dans les creux afin de mettre en valeur le motif.

La mitre est en Mokumé massif, un feuilleté rare et précieux d’alliage cuivreux (bronze, laiton et cuivre) dont la technique vient du Japon que très peu d’artisans en Europe savent fabriquer et réalisé par le même atelier allemand ayant fabriqué le lingot utilisé ici pour la lame d’Essentia.

Sur le dessus du manche, un saphir brut du Sri Lanka à la couleur ambrée et issu du commerce équitable est incrusté dans le bois, ainsi que deux petits triangles en laiton revalorisé afin de le mettre en lumière. Les pierres précieuses Moyo sont des pierres précieuses provenant de femmes travaillant dans les mines des régions de la vallée d’Umba et de Tanga en Tanzanie qui sont encadrées, protégées et justement rémunérées. Ce sont de très belles pierres précieuses des membres de l’Association des femmes mineures tanzaniennes (TAWOMA), toutes suivies et tracées. Le projet Moyo Gemstones est une collaboration éthique de pierres précieuses née en Tanzanie, travaillant en direct avec les mineurs et mineures de pierres précieuses pour assurer une gamme de pierres de la mine au marché.

Fourreau : Néflier de Normandie ajouré et sculpté main de la même manière que le manche. Contre-plaque en Mokumé massif comme la mitre du couteau, âme du fourreau (partie centrale) en laiton (alliage de cuivre et de zinc très utilisé en bijouterie notamment car s’oxydant peu) revalorisé, de haute qualité, guilloché de haut en bas.

L’ensemble est fixé avec une résine bi-composant nouvelle génération et biosourcée (dont la base est, non pas issu de sources pétrochimiques mais avec une haute teneur (85%) en carbone d’origine végétale et donc moins polluante que les résines classiques) aux performances techniques élevées.

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Cette pièce unique est avant toute chose une pièce d’art pensée pour son esthétisme très travaillé mais elle est également fonctionnelle car nous attachons une grande importance à conserver la fonction primaire de cet objet : trancher. Le tranchant est donc aiguisé et l’ensemble a été conçu pour que vous puissiez l’utiliser en tant que couteau de table si vous le désirez.

Prix : 2850 €, frais de port offerts pour la France. Merci de nous contacter pour de plus amples informations et détails ainsi que si vous souhaitez en faire l’acquisition. Possibilité de règlement en plusieurs fois.

ENGLISH TRANSLATION

Essence, from the Latin essentia : what is. The proper and necessary nature of a thing, which constitutes it as what it is and gives it its fundamental reality.

Combining crafts, interweaving our know-how, our sense of aesthetics, our deep values ​​and our desire for challenge … Thus was born, after two years of reflection and countless hours, weeks, of manufacturing, « Essentia« .


Essentia is a unique piece, entirely thought out and handmade in Normandy (France north), the result of the collaboration of two passionate craftsmen : Benjamin ALBRYCHT, blacksmith cutler of art of La forge d’Asgeir and Lucie BRAILLON, sculptor of the La lettre aux ours workshop.


ITS STORY

Essentia is the result of a reflection that has matured in our minds for two years. The idea here was to represent an ode to nature and its beauty, to symbolize both its power and the thread of life and its complex cycles, its active symbiosis, its balances, its immutable laws (represented by a laminated steel blade made of multiple layers and reminiscent of the veins of a tree, the waves of water, sound … and by a sharp wire), its incredible diversity and its combined strengths (represented by the different materials which make this knife), but also its state in perpetual movement of growth and decrease, such as ferns which unfold slowly, release their spores and then return to the earth in an eternal but also fragile cycle.


This handle and this scabbard in « lace » of carved wood recalls the evanescent nature of everything, ephemeral, vaporous, precious reality that escapes us …


DESIGN DETAILS


Dimensions (indicative and top longer / wider): knife of approximately 22 cm in total length – Blade: 9.8 cm long and 2 cm wide (thickness of approximately 3 mm) – Handle: 12 cm at the longest (approximately 2 x 3.5 cm thick). Scabbard: 11.5 at the longest for 4.5 cm at the widest (1.7 cm at the thickest). Knife and its sheath: approximately 23.5 cm long.

Weight: Knife only: 70g – scabbard: 80g – whole in total: about 150 g.

Blade: Swedish laminated steel with damask reading, handcrafted by a German workshop (father and son making laminated steels for over 60 years) which has been forged and shaped by hand using hammer force on the anvil by Benjamin ALBRYCHT. It has a high resistance to corrosion. It is a food grade steel that can be used by kitchen professionals. It is a fixed blade knife. The back of the blade is guilloché (decorative chasing).

Handle: wild medlar from Normandy (Calvados, France). This rare and precious wood is revalued here and not resulting from deforestation, perforated on the lower part of the handle and hand-carved with a knife for many hours by Lucie BRAILLON. It is a very beautiful wood with a fine grain and a pinkish hue. The grain of the wood has been revealed thanks to a Scandinavian oil, a protective blend made from traditional and ecological northern birch and pine sap, as well as a light, non-toxic old-fashioned natural varnish applied with a pad. A patina based on natural ochres from Roussillon (south-eastern France) was made in the hollows in order to highlight the pattern.

The bolster is in solid Mokumé, a rare and precious laminated copper alloy (bronze, brass and copper) whose technique comes from Japan that very few craftsmen in Europe know how to manufacture and made by the same German workshop that made the ingot. used here for the Essentia blade.

On the top of the handle, a raw sapphire from Sri Lanka with an amber color and from fair trade is encrusted in the wood, as well as two small triangles in revalued brass to highlight it. Moyo gemstones are precious stones from women working in mines in the Umba Valley and Tanga regions of Tanzania that are supervised, protected and fairly remunerated. These are very beautiful gemstones from the members of the Association of Tanzanian Underage Women (TAWOMA), all tracked and traced. The Moyo Gemstones project is an ethical gemstone collaboration born in Tanzania, working directly with gemstone miners and miners to ensure a range of stones from mine to market.

Scabbard: Medlar of Normandy openwork and carved by hand in the same way as the handle. Counter-plate in solid Mokumé like the bolster of the knife, core of the scabbard (central part) in brass (copper and zinc alloy widely used in jewelry especially because it oxidizes little) revalued, high quality, guilloche from top to bottom .

The assembly is fixed with a new generation and bio-based two-component resin (whose base is, not derived from petrochemical sources but with a high content (85%) of carbon of plant origin and therefore less polluting than conventional resins. ) high technical performance.

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This unique piece is above all a piece of art thought for its very elaborate aestheticism but it is also functional because we attach great importance to preserving the primary function of this object: to slice. The edge is therefore sharp and the set has been designed so that you can use it as a table knife if you wish.

Price: 2850 €, free shipping for France, international shipping possible. Please contact us for more information and details as well as if you wish to purchase it. Possibility of payment in several installments.

Après la Picardie, puis les Alpes de Haute Provence, l’atelier de La lettre aux ours s’installe en… Normandie !

Et oui, il était grand temps de l’annoncer et quoi de mieux qu’un changement pour démarrer une section « blogging » dédiée à la vie de l’atelier sur ce site ? En effet, après avoir fait ses premiers pas de danse en Picardie, puis grandi au cœur de la Provence, je viens faire s’épanouir mon atelier dans la Manche, non loin des belles forêts de l’Orne, tout prêt du bord de mer. L’air y est humide, c’est vrai, mais la nature y est pleine de vie, la forêt jouxte l’atelier et ça, c’est inspirant !

Atelier de la Lettre aux ours - Missive to Bears et forge d'Asgeir, artisanat écologique et français en Normandie à Videcosville
Forêt jouxtant l’atelier

Pourquoi ce départ en Normandie ? Tout simplement parce que j’ai rencontré Benjamin de la Forge d’Asgeir. L’histoire mérite d’être racontée car elle est assez folle : quelques sms échangés pour une coopération professionnelle, un billet d’avion pris deux semaines plus tard sur un coup de tête pour faire un roadtrip improvisé au Québec où Benjamin se trouve déjà avec au programme sac à dos, stop, forêt à perte de vue, feu de camp, lacs et rivières. Une véritable bouffée d’oxygène, des projets fous, des paysages indescriptibles, une liberté incomparable et… un déménagement quelques mois plus tard. Ils sont fous ces artisans !

Le nouvel atelier est donc désormais situé en pleine campagne, à une grosse demi heure de Cherbourg. Il est installé au dernier étage d’une grange datant du XVIII° siècle et rénovée pour devenir le lieu de travail de Benjamin : une forge. Mon atelier est quant à lui installé près de la zone de fabrication des bijoux, sous les combles, avec de grands velux laissant voir la cime des sapins de la forêt de derrière et le ciel à perte de vue… inspirant ! Cette zone est mon espace de fabrication, et par la suite j’aurai également un espace dédié à la création / inspiration situé dans le grenier de notre maison à une trentaine de mètres plus loin (combles qu’on rénovera normalement cet été !).

Les avantages de ce nouvel espace de travail sont multiples :

  • L’accès à un outillage et à des machines que je n’aurai pas pu acquérir tout de suite et donc un potentiel de fabrication démultiplié : backstand, perceuse à colonne, foreuse, scie japonaise, etc.
  • L’accès également à des matières précieuses de grandes qualités en réutilisant les « chutes » de la fabrication liées à la coutellerie pour en faire toute sorte de choses : coffrets, bijoux en bois, etc. 100% upcycling !
  • L’accès à un savoir faire que je ne maîtrise pas encore : celui de Benjamin, le travail du métal par le feu.
  • La possibilité de développer une véritable synergie entre artisans créatifs, passionnés et écolo ! Et oui, ça c’est le plus important et le plus enrichissant à mes yeux : travailler côte à côte est extrêmement stimulant, nos cerveaux bouillonnent d’idées et de projets à mettre en place cette année et qui promettent de véritables comètes créatives ! Quel bonheur de se motiver, de s’enthousiasmer, de démarrer l’atelier tôt le matin… à deux ! Mais aussi de se donner mutuellement des encouragements constants, des avis sincères et constructifs, et des idées.

Puis, dernière grande nouvelle : Benjamin a vu juste cette année en m’offrant pour Noël l’un des modèles de pyrograveurs les plus performants du marché que je lorgnais depuis un moment déjà ! Ah… ces artisans, toujours la tête dans le boulot même quand il s’agit de se faire des cadeaux ! Personnellement, j’adore !

Lucie Braillon, créatrice de l'atelier de la Lettre aux ours - Missive to Bears, artisanat écologique et français en Normandie.
Lucie Braillon, créatrice de l’atelier de la Lettre aux ours – Missive to Bears, artisanat écologique et français en Normandie.

Bon, concrètement qu’est-ce que tout ça veut dire ? Nous allons développer chacun nos artisanats, en préservant nos identités artistiques et nos créations respectives, tout en créant une nouvelle gamme de pièces réalisées en synergie afin de vous proposer toujours plus de qualité, et d’unicité ! L’idée est de continuer à vous proposer des pièces accessibles mais aussi de monter en gamme et de créer des pièces extrêmement travaillées tant en terme de matières (de grande qualité, précieuses, et écologiques !) que de savoirs-faire : couteaux, fourreaux et coffrets sculptés, pyrogravés, sertis de pierres naturelles et fairtrade…

Bref, 2019 promet d’être riche en émotions ! Du coup, j’en profite pour rajouter une véritable section boutique à ce site, ainsi qu’un espace actualité / blog afin que vous puissiez suivre nos aventures dont vous lisez ici le premier article !

À très vite, et merci pour votre lecture : vous êtes fantastiques !

Lucie, créatrice de La lettre aux ours – Missive to Bears

Nouvelle collection

Rendez-vous ce lundi 06 décembre à 21h30 pour découvrir le troisième et dernier round de la collection automne-hiver : les tant attendus pendentifs en bois de renne (faits avec une partie noble des « cornes », appelés « bois » (qui sont en réalité un os) de rennes des élevages du dernier peuple autochtone d’Europe et traditionnellement éleveurs de rennes : les Sami, qu’on retrouve aujourd’hui dans le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que sur la péninsule de Kola en Russie, connue sous le nom de Laponie.

Cette collection très spéciale ne revient qu’une seule fois par an du fait de la rareté de cette manière et du fait que je tiens à l’acquérir exclusivement en conscience et de manière éthique, afin de soutenir un mode de vie traditionnel en péril, via un ami travaillant en direct avec les Sami, et je ne suis jamais sûre de pouvoir obtenir cette rare et belle matière d’une année pour l’autre car je tiens à profiter de son propre déplacement là bas pour que leur transport soit compensé afin de ne pas les faire importer moi même, alors profitez-en, si elle vous plait c’est le moment ou jamais de vous faire plaisir 🙂 !

Tout ça se passera par ici : BOUTIQUE


Il y aura notamment deux pièces très spéciales, ajourées et sculptées :

METEORITE POLAIRE & SAPHIR DU NORD

Découvrez aussi une nouvelle pièce à part, exceptionnelle et très spéciale en cette fin d’année, une sorte d’explosion de nos savoir faire acquis ces dernières années, réalisée à quatre mains par mon compagnon forgeron coutelier d’art et moi même, à découvrir par ici…

NOUVELLE COLLECTION

Ce soir (mercredi 18 août),sort la collection thématique de la saison et la thématique tourne cette fois-ci autour des récits de J. R. R. Tolkien, auteur (entre autres !) du « Seigneur des anneaux » et du « Hobbit »… Une gamme de bijoux uniques et réalisés avec un grand respect pour la Nature qui a inspiré cet auteur à l’univers si fertile ! 

Pas d’heure précise, entre 20h et 21h, le mystère reste entier, alors surveillez bien la boutique et les réseaux sociaux sur lesquels elle vous préviendra de la mise en vente !

NEWSLETTER

Vous saurez tout, tout, tout !

Un joli email de temps en temps, pleins de bonnes ondes, pour découvrir et ne plus rien rater de toutes les actualités de l’atelier, mais pas que…!

C’est la fin !

Après plusieurs mois de réflexion, j’ai pris une grande décision pour l’atelier. Une décision qui va changer beaucoup de choses pour moi, et un peu pour vous aussi ! Un choix qui n’a pas été simple à faire, qui va impacter l’ensemble de mon travail et de ma vie. Une décision compliquée à prendre pour moi mais nécessaire afin de pérenniser mon activité. Mais que se passe t-il donc de si important par ici ? Je vous dis tout c’est promis.

Plusieurs choses d’abord :

  • Notre projet de déménagement de nos ateliers et de notre maison afin de créer un écolieu artisanal dans l’Orne nommé « La forge à rêves » (un espace hors du temps, respectueux de son environnement et en harmonie avec lui, dans lequel nous vivrons, expérimenterons, travaillerons mais aussi vous accueillerons pour des sessions de découvertes de nos métiers et de nos savoir faire) a été officiel voté et accepté par le conseil municipal de la commune sur lequel se situe notre terrain. La suite donc se situe au niveau départemental et nous croisons forts les doigts !
  • Je compte postuler afin d’obtenir la Qualité d’Artisan d’Art ! C’est une grande nouvelle car cela me permettrait de valoriser mon travail et d’accéder à certains salons ainsi qu’à une reconnaissance de mes savoir-faire.
  • Je vais développer cet été la trame de mes stages de sculpture afin de pouvoir vous accueillir lors de journées découvertes à l’atelier et ainsi de vous transmettre ma passion pour le bois. J’espère que cette idée vous plaira autant qu’à moi, et elle se mariera à merveille aux stages de forge que propose déjà Benjamin, mon compagnon de La forge d’Asgeir.

Donc, tout cela pour vous dire que… J’ai évidemment de moins en moins de temps passé effectif à l’atelier derrière mon établi ! Nous gérons l’ensemble de ces projets à bras le corps et sur tous les fronts et devons avoir une organisation solide afin de trouver le temps de tout faire et surtout de bien faire. Et voilà donc que je prends une décision importante afin de me dégager un peu de ce précieux temps !

Je ferme officiellement la magnifique et lourde porte des commandes personnalisées.

Je sais ce que vous allez me dire : mais c’est seulement ça ? Mais oui, c’est seulement ça ! Mais c’est un très grand pas pour moi :’) ! Car 25% de mon travail est basé sur vos commandes personnalisées (c’est à dire que vous me passez commande d’une pièce qui vous tient à coeur sur un sujet bien spécifique, dans des matières que vous choisissiez avec moi et après plusieurs recherches et croquis). Sauf que ces 25% de la « masse » de mon travail représentaient en réalité 50% de mon temps de travail (car avant le temps de fabrication, il y a un temps d’échanges et de propositions qui peut parfois être très long et donc chronophage). Et je sens que je frôlais le moment où je dépasserai plus que de raison les délais que je vous donnais. Parce que je n’arrive plus à suivre le rythme, malgré toute la gratitude que j’ai pour votre confiance et la beauté de vos demandes que je ne remet absolument pas en question 🙂

Ici, l’une de mes dernières merveilleuses commandes personnalisées afin de revaloriser la Labradorite d’un bijou cassé de l’une de mes clientes. Un projet que j’ai ADORE réalisé 🙂

Alors, j’arrête, tout simplement. J’arrête cette possibilité de commandes car cela fait maintenant plus de quatre ans que vous l’avez et que vous êtes très nombreux.ses à en avoir profité ! (et je vous en remercie mille fois !) J’arrête pour me donner un peu de souffle, de temps de réflexion pour mes propres projets de collection qui s’en voyaient alors décalés sans cesse, voir même minorés car je n’ai pas le temps de tout faire, et c’est alors la boutique qui pâtit d’un manque de nouveautés, et mes propres inspirations également, alors que la pile de mes projets s’agrandit et que je ne manque pas d’idées !

Ma dernière collection sculptée, datant d’il y a plusieurs mois faute de temps…

J’espère bien évidemment que vous comprendrez, que vous ne serez pas trop décus… J’ai conscience que bon nombre d’entre vous appréciez cette possibilité et cette disponibilité que je vous proposais, mais je ne peux plus suivre le rythme sans fragiliser le reste de l’atelier. J’arrête pour pouvoir prendre le temps d’arroser correctement les graines que nous plantons pour construire un avenir unique et écoconscient.

Sachez cependant deux choses (trois) :

  • Je réouvrirai peut être ponctuellement cette possibilité si j’ai des périodes moins chargées, je me laisse cette ouverture là 🙂 Il faudra alors être attentifs sur les réseaux sociaux !
  • Ce choix ne concerne pas les couteaux que je réalise en collaboration avec Benjamin : les manches de ceux-ci pourront toujours être personnalisés par mes soins selon vos envies.
  • (plus spécifiquement, concernant les personnes qui ont une cagnotte de paiements prévisionnels dédiée à l’atelier, ce choix ne vous concerne pas. Vous pourrez bien évidemment commander ce que vous souhaiterez (en boutique ou en personnalisation) lorsque vous souhaiterez la « dépenser » 🙂 )

Voilà, c’est la suite de l’aventure et le début d’une nouvelle organisation et d’un nouveau souffle pour l’atelier que j’espère vous prendrez toujours autant plaisir à suivre !

À bientôt,

Lucie de l’atelier de La lettre aux ours

@missive_to_bears

NOUVEAUTE : SOUTENEZ NOUS !

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Une nouveauté de cette année : la possibilité pour vous d’adopter l’un de mes lots de cartes postales tirées de mes illustrations personnelles. Par leur achat, vous contribuez à soutenir notre projet « La forge à rêves » notre écolieu en Normandie ! Elles seront idéales pour envoyer à vos proches de jolis vœux, ou bien tout simplement en guise de décoration mises en valeur dans de petits cadres !

AU REVOIR 2020 : Bonjour le renouveau de l’atelier de janvier !

Ca y est, c’est la fin d’une année et le début d’une nouvelle ! Cette année 2020, malgré les conditions particulières, a été le berceau de nouvelles idées et de nouveaux projets pour Benjamin et moi même, les deux artisans qui, comme vous le savez surement déjà, se cachent derrière les rideaux de l’atelier de La lettre aux ours et de La forge d’Asgeir !

Nous retiendrons que je me suis concentrée sur le travail de la sculpture sur bois afin de faire évoluer mon travail autour de cette noble matière. Nous avons créé et testé les outils de travail liés à ce savoir faire ancestral : couteaux, gouges, etc. sont nés à l’atelier. J’ai également fait évoluer mon travail du bois animal, celui du renne (tombé naturellement) en vous présentant les premières pièces de la gamme de bijoux « POLAIRE » 2.0 (la suite en janvier) ! J’ai aussi commencé à apprendre le travail de la forge aux côtés de Benjamin en l’assistant lors de la réalisation de très belles pièces, ce que nous allons continuer de faire en 2021 évidemment.

Pour finir, ce que nous pouvons retenir de cette année c’est évidemment tout le travail de recherche, de documentation, de présentation et d’écriture lié à notre grand projet de vie et de travail : La forge à rêves (là aussi, normalement, la suite sera en janvier pour savoir si nous pouvons débuter la construction concrète).

Oh ! Et Benjamin a fait refaire son site internet aussi ce qui vous permet d’acheter directement en lien ses couteaux et bijoux, et de réserver vos stages de forge : www.la-forge-asgeir.fr

Nous arrivons donc en janvier, ou bien plutôt en hiver plus globalement, et c’est le moment idéal pour expérimenter. C’est le mois durant lequel Benjamin et moi même nous accordons plusieurs semaines de recherches et d’expérimentations : recherche de nouvelles matières, de nouveaux outils mais aussi apprentissage de nouvelles techniques et de nouveaux savoirs à acquérir et à développer tout au long de l’année.

Cette année, j’ai envie de consacrer ce mois au travail de la bijouterie forgée afin de participer pleinement au travail de Benjamin dans ce domaine tout au long de l’année et de parfaire mes connaissances dans le travail du métal, mais aussi de la coutellerie forgée. Je souhaite également développer une nouvelle technique, un savoir faire que l’on retrouve notamment en Inde mais aussi au Japon et que l’on retrouvait autrefois sur certains objets médiévaux en France, dont je ne vous parlerai pas encore ici pour garder l’effet de surprise mais qui promet de faire des merveilles en la combinant avec mes techniques actuelles (on croise les doigts !). Ensuite, tout sera établi en fonction de notre projet d’installation, le déménagement de nos ateliers, et la création de ce nouveau lieu à venir ! Si le projet se fait, je ferai certainement un « reportage » suivi en vidéos des étapes tout au long de l’année afin de vous immerger complètement dans la construction de cet écolieu au cœur de la Normandie…

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Nous vous remercions sincèrement pour votre fidélité, vos très nombreux achats et votre soutien sans faille. Grâce à vous, cette année a été la meilleure de toute. Vous participez à pérenniser des savoirs faire bien vivants ici, au cœur de la Normandie et nous vous en sommes très reconnaissant.

À très vite alors, pour découvrir la collection de janvier et surement quelques aperçus de nos recherches hivernales !

Benjamin et Lucie

Cinq petites anecdotes pour vous remercier de votre lecture !

  1. Cette année, j’ai soufflé 27 bougies et Benjamin 29.
  2. Je suis provençale, Benjamin normand, et nous nous sommes trouvés… au cœur des forêts Québécoises lors d’un roadtrip en stop il y a maintenant un peu plus de deux ans !
  3. Nous avons un chien, Lord, et deux chats, Moka et Helios, qui trainent toujours dans nos pattes à l’atelier.
  4. Nous sommes de fervents adeptes du « vieux » : nous adorons chiner dans les brocantes, tout ce qui est kitsch à vos yeux est certainement très beaux aux nôtres ! Pas de neuf à la maison, vous ne trouverez que de vieux meubles et des objets insolites…
  5. Le nom de famille de Benjamin, anciennement suédois puis russisé et francisé suivant les migrations de ses ancêtres, est fascinant car étymologiquement il est baigné par la mythologie nordique et signifie ALFAR : « être magique (elfe ou nain) » + BROKK : « nain forgeron des dieux ». Plutôt bien tombé dans la marmite, surtout en sachant qu’il n’est pas forgeron de père en fils, sa vocation étant née de sa passion pour l’histoire et les fouilles archéologiques à l’âge de 16 ans.

LE projet « LA FORGE À RÊVES »

PROJET D’INSTALLATION 

Pour un nouvel éco-lieu d’artisanat, d’histoire, de culture et de transmission dans l’Orne

Pour le développement d’une nouvelle activité locale, engagée dans les dynamiques culturelles, sociales, environnementales et dans l’économie circulaire du territoire.

TROIS DEUX ARTISANS ACTIFS & PASSIONNÉS 

Nous sommes Benjamin, Lucie et Nathalie, un noyau familial composé de trois artisans aussi passionnés l’un que l’autre exerçant nos métiers et savoirs-faire en Normandie dans la Manche.

Nous avons à coeur de travailler avec la nature et non contre elle, de la façon la plus écologique possible.

Benjamin ALBRYCHT de la Forge d’Asgeir est forgeron coutelier d’art et bijoutier depuis maintenant 7 ans, spécialisé en art nordique. Après une licence d’histoire et d’archéologie, il a été formé par le maître forgeron Christian Moretti à l’art ancestral de la métallurgie en partant de l’extraction du minerai jusqu’à sa transformation en couteaux, dagues, épées ainsi que bijoux historiques.

Passionné tant par le métal que par le bois, il travaille avec un élagueur tout aussi soucieux de l’environnement et fabrique également des carrelets de bois locaux et issus de sources éthiques à destination des professionnels ou hobbystes : tourneurs sur bois, couteliers, sculpteurs, etc.

Lucie BRAILLON de l’atelier de La lettre aux ours est artisane du bois éco-responsable, spécialisée dans différentes techniques de façonnage du bois, du tronc d’arbre à la pièce finie : sculptrice, graveuse, peintre aux pigments naturels, voilà quelques unes de ses multiples casquettes artisanales et artistiques. Depuis maintenant 4 ans, elle travaille et expérimente ses propres techniques sur cette noble matière pour donner naissance à diverses pièces uniques comme des coffrets sculptés, des décorations, des peignes, des miroirs et des bijoux en bois. Le tout est inspiré par l’histoire de l’art et la Nature, dans le plus grand respect de l’environnement et des êtres vivants. Elle est également spécialisée dans la communication web et la photographie.

Nathalie LORIOT, mère de Lucie, est quant à elle créatrice de l’atelier de La Tortonne au fil tordu. Elle confectionne des articles en laine réalisés au crochet ou aux aiguilles tels que des châles et des accessoires vestimentaires. Potière durant près de 15 ans dans le sud de la France, puis assistante de vie sociale pendant 15 autres années, elle s’est reconvertie à la suite du succès de ses créations et travaille aujourd’hui sur mesure en réalisant des pièces uniques à la main. Elle est notamment en train de développer une gamme en laines locales ornaises (atelier de la Filière près de Flers à Caligny) et à base de teintures végétales et de laine provenant d’élevages locaux respectueux des conditions de vie des animaux. 

Conscients et très engagés en faveur de la protection de l’environnement, nous travaillons tous deux à ce que l’ensemble de notre travail soit le plus éco-responsable possible au travers d’une sélection stricte des matières premières et de leur origine : bois locaux non issus de la déforestation, aciers issus d’une aciérie éco-responsable ou recyclés, pierres fines et précieuses d’origines contrôlées et éthiques, pigments naturels régionaux…

Nous avons décidé de nous associer pour créer un atelier commun dans lequel nous partageons nos savoirs faires et allions nos techniques afin de créer des pièces uniques et hors du commun. 

Tout au long de l’année, nous participons à de nombreux salons des métiers d’art, marchés et expositions afin de faire connaître au plus grand nombre nos métiers, mais aussi à des événements plus spécifiques visant à mettre en valeur le patrimoine historique de la Normandie comme le marché viking du château de Pirou et de l’abbaye de La Lucerne d’Outremer dont les recettes des entrées permettent la restauration de ces sites. 

La transmission : au cœur de nos métiers

Au delà de l’aspect création et fabrication, nous accueillons de nombreux visiteurs chaque mois, fascinés par nos métiers dont l’origine est très ancienne : au fil des siècles, le travail du métal et du bois ont fait ce qu’est l’humanité aujourd’hui, il la définisse et la caractérise. Ces matières premières font le quotidien des hommes et des femmes du monde entier. Des savoirs-faire ancestraux et essentiels qui suscitent un véritable regain d’intérêt aujourd’hui en incarnant une nouvelle dynamique d’avenir pour l’artisanat français. Nous mettons donc en valeur au travers de nos échanges avec le public l’histoire, la qualité de l’ouvrage artisanal, son unicité, la maîtrise du geste, de la matière et de l’outil mais aussi l’éthique de travail et l’écoresponsabilité de nos atelier qui se sont adaptés aux besoins et aux enjeux environnementaux et sociaux et donc tournés vers l’avenir.

Nous accueillons des groupes en visites à l’atelier durant lesquelles nous leur contons l’histoire de nos ateliers, de notre démarche écologique et de nos matières. Nous sommes également très actifs sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, pour développer un artisanat accessible, visible, permettant un dialogue constants autour de nos métiers, de nos savoirs, de nos matières, de nos réalisations et de notre démarche de travail et de vie d’artisans du XXIème siècle.

Répondre à des questionnements & enjeux actuels

Ces échanges constants ont ainsi créé un véritable lien avec notre public qui nous a permis de recueillir leurs attentes et leurs besoins en tant que consommateurs par rapport aux enjeux actuels de la société d’aujourd’hui : nécessité de donner du sens à leurs achats, véritable prise de conscience de l’urgence de préserver les savoirs-faire français et de les mettre en valeur, prise de conscience également quant à l’importance de connaître l’origine des objets mais aussi des matières qui les composent. 

Nous sommes également les témoins d’une réelle curiosité et d’un besoin vital d’apprendre, de réapprendre, de redécouvrir les procédés de fabrication des objets, notamment chez les moins de 30 ans et par le biais de la matière brute et naturelle. Une envie concrète de s’immerger dans le “faire soi-même” pour sortir d’un quotidien trop souvent déconnecté de nos besoins vitaux nécessitant des savoirs-faire manuels : pouvoir se construire un abri, se nourrir, s’habiller… Un cri d’alarme, une nécessité de développement personnel et d’accomplissement afin de se sentir “capable de” : capable de comprendre, capable de faire soi même, pour les femmes comme pour les hommes.

Face à ces demandes de plus en plus nombreuses, nous avons donc commencé à proposer, il y a trois ans, plusieurs façons d’appréhender nos savoirs-faire en donnant l’opportunité à nos publics de devenir acteurs de nos métiers plutôt que simple spectateurs, le temps d’une ou plusieurs journées. Ces sessions sont payantes et peuvent être financées en plusieurs fois, personnalisées sur mesure et en très petit comité (un à trois stagiaires maximum en même temps). Tout le monde peut y prendre part, à partir de 18 ans et dans la mesure où les positions de travail sont envisageables et les règles de sécurité applicables (voir plus bas “un lieu accessible à tous”), tous niveaux confondus, même sans expérience.

La session “Découverte” 

Le temps d’une journée ou d’un week-end, nous proposons à nos clients de venir réaliser eux-même une ou plusieurs pièces avec nous à l’atelier et de repartir avec. Venus de la France entière, ils découvrent auprès de nous un travail sincère, authentique, technique et engagé en faveur de l’environnement. Ils et elles repartent tous et toutes avec un couteau, un bijoux ou une sculpture en bois, ainsi qu’un enrichissement et un partage que nous souhaitons de tout cœur inoubliable. 

La session “Initiation” 

Animée par Benjamin : trois jours pour entrer véritablement dans l’univers de l’artisanat, découvrir et s’initier à des savoirs-faire plus techniques, plus précis et pour toucher du doigt le métier de forgeron coutelier pour les personnes souhaitant expérimenter un métier manuel touchant à différentes matières et regroupant plusieurs types de savoirs-faire (travail des aciers et des bois) dans le but d’une potentielle reconversion professionnelle. 

Simon, en session d’initiation, sur le point de faire sa première trempe, 2020

La session “Transmission” 

Animée par Benjamin, cette session est professionnalisante et conçue sur mesure selon le projet d’installation du stagiaire. Apprentissage théorique et pratique autour de l’ensemble des savoirs-faire, des techniques et de l’outillage du forgeron coutelier, durant lequel ils apprennent à maîtriser les bases essentielles de ce métier ancien pour en faire le leur.

Tony, Johan, Alexandra, Nicolas, Joseph… sont venus à la forge apprendre le métier durant plusieurs semaines

La session “Accompagnement” 

Animée par Lucie, c’est une session d’aide au développement des entrepreneur-ses artisan-es durant laquelle les stagiaires apprennent à développer leur concept créatif, à lancer et gérer administrativement parlant leur entreprise ainsi qu’à mettre en valeur et promouvoir leur activité. Elle propose une véritable boîte à outils pour établir une communication efficace, authentique et positive : toutes les clefs pour réussir lorsque l’on a les savoirs-faire mais que l’on ne maîtrise pas – encore – les connaissances liées au commerce de son activité.

Nous avons ainsi accueilli plus de 60 stagiaires en trois ans, de 18 à 75 ans pour 169 jours de sessions dont 9 personnes dans le but d’une orientation professionnelle. 

Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ~ Antoine de Saint-Exupéry

LA VOLONTÉ DE FAIRE ÉVOLUER NOTRE PROJET

Aujourd’hui, nos activités fonctionnent au delà de nos espérances et le planning des sessions est bouclé d’une année pour l’autre. Nous souhaitons donc faire évoluer nos activités en quelque chose de plus grand.

Actuellement, nos ateliers sont basés dans la ferme familiale à Videcosville, dans la Manche. Mais nous manquons de place pour une capacité d’accueil optimale. L’objectif de cette année 2020-2021 est donc de déménager et de trouver un nouveau lieu pour créer la “Forge à rêves”, qui sera plus adapté à nos différentes propositions. Un lieu entre histoire, nature et culture en Normandie, qui aie du sens, et qui soit à un carrefour géographique afin d’en faciliter l’accès au plus grand nombre. Un lieu calme et accueillant, propice au développement de nouvelles perspectives d’avenir et ayant la volonté d’accueillir des projets écologiques afin de travailler de concert avec nous et qu’ainsi nous soyons intrinsèquement liés au territoire sur lequel nous ferons découvrir l’artisanat de Normandie et continuer de faire grandir des vocations nouvelles.

Les besoins du projet

L’objectif est donc de créer un lieu de vie, de travail en harmonie avec l’environnement qui l’accueille, transportant directement notre public dans une atmosphère hors du temps et de l’espace et ainsi propice à une déconnexion nécessaire pour favoriser la découverte, la sensibilisation et la transmission.

“Un lieu pour créer, explorer, réinventer”

Un atelier commun sera bâti pour que nous puissions y exercer nos activités de fabrication regroupant une forge, une bijouterie, un atelier de travail du bois, des zones de stockage des matières… : un espace de plain-pied de 150m² ~ 200m² pour répondre à nos besoins techniques liés à la fabrication artisanale.

“Un lieu pour apprendre et transmettre”

L’atelier devra être suffisamment grand pour pouvoir accueillir plusieurs postes de travail afin de répondre à la demande croissante de sessions de forge et de bijouterie. Ainsi, la capacité d’accueil souhaitée est de 4 stagiaires, ce qui fait donc 4 postes de travail nécessaires en plus du poste principal. Une pièce devra aussi être dédiée aux cours théoriques.

“Un lieu hors du temps et de l’espace” 

Pour une prise de conscience écologique par l’exemple.

Au delà d’un lieu de fabrication artisanale et d’apprentissage, cet endroit sera aussi un espace d’immersion positive et de connexion avec la nature qui permettra une remise en question des habitudes et une prise de conscience par l’exemple, en rencontrant deux artisans ayant fait le choix d’un mode de vie écologique et ayant développé un projet avec, et non contre, l’environnement qui l’entoure : potager en permaculture, poulailler, ruches, pain au levain, forêt comestible… Tout ce que nous avons déjà mis en place dans la Manche mais que nous souhaitons voir grandir plus encore. Un espace favorisant la biodiversité du site et protégeant ses spécificités. Une façon de vivre le paysage sans le dénaturer, de s’intégrer à l’environnement naturel en le respectant, en le revalorisant, tout en participant à l’activité de la commune et du département. Une autre façon d’habiter l’espace tout en développant une activité économique, sociale et culturelle à l’ancrage local, engagée dans les dynamiques économiques, sociales et environnementales du territoire.

Nous ouvrirons la porte à la curiosité et les questions qui font sens aujourd’hui, au XXIème siècle, seront cultivées : curiosité quant aux savoir-faire du passé, à leur survivance et à leur utilité et applications aujourd’hui et pour l’avenir. Curiosité également quant à nos choix de vie et de consommation conscients et écologiques, faisant écho au futur que nous souhaitons pour le territoire que nous habitons. Ce sera un espace de découverte et d’échanges autour d’un mode de vie transitoire remettant au centre de notre quotidien le travail écoresponsable et la production artisanale respectueuse de la nature dans une réflexion constante autour de l’origine, de la traçabilité, de la qualité et du circuit court. En partageant nos repas faits maisons avec des produits locaux et biologiques, en découvrant notre potager en permaculture et notre jardin des simples, en étant curieux sur notre production d’énergie écologique, en dormant dans des habitations à faible consommation énergétique et en apprenant à vivre et à penser l’avenir de façon différente le temps de quelques heures ou de quelques jours…

“L’apprentissage peut commencer. Un retour aux sources mêlant traditions et savoirs du passé, actions présentes et réflexion pour le futur.” 

Nous recherchons donc un écrin de nature pour mettre en valeur nos actions au travers de ce projet, de plus de 8000m², en campagne pour être au calme et proposé un véritable cadre de repos tout en étant en lien perpétuel avec le territoire, suffisamment grand pour développer l’ensemble de notre projet d’atelier et de maison mais aussi tout un environnement naturel favorisant une immersion totale : une zone de prés pour le bâti, et un espace naturel pour la biodiversité avec un point d’eau et une zone très arborée, des fruitiers…

Nous aimerions l’été pouvoir organiser des rencontres avec d’autres artisans, des petits marchés, des expositions : tourneur sur bois, couturière, brasseur, illustratrice, paysan boulanger, potière, fondeur, sculpteur, tisseuse, historien, troupes de reconstitutions et autres artistes. Nous souhaitons que cela soit un lieu d’accueil de stages pour d’autres acteurs de la région en accord avec nos valeurs : découvertes des plantes sauvages, de la faune et de la flore, des métiers anciens, de sensibilisation écologique, de créations et d’alternatives diverses.

De plus pour participer à ce climat d’échange et de partage, le repas du midi est offert à notre table en produits artisanaux, locaux et bio, faisant ainsi la promotion d’un territoire varié et fertile.

Un maximum de 5 personnes sera accueilli en même temps pour conserver l’esprit d’un lieu calme et en harmonie avec l’environnement qui l’entoure.

“Un lieu vivant, un lieu de vie” 

Cet espace devra donc être un lieu de vie autant qu’un lieu de valorisation, de transmission et de création. Ainsi, nous ne souhaitons pas perdre le confort et toutes les valeurs que représente un lieu regroupant espace de vie, d’habitation et espace de travail. Nous souhaitons réellement démontrer l’intérêt et la nécessité de retourner à ce que nos ancêtres faisaient en vivant au dessus de leurs ateliers, ou au dessus de leur ferme. Nous souhaitons créer un lieu chaleureux et vivant, où vie professionnelle et valeurs personnelles se font écho sans cesse, un espace de partage, d’accueil et de disponibilité, allant au delà d’horaires de travail définis. L’idée est de sortir du “métro-boulot-dodo” de nos sociétés contemporaines et de créer quelque chose de différent, où tout s’interconnecte, où nous créerons du lien. 

“Un lieu pour tous”

Ce lieu sera un endroit intergénérationnel, ou jeunes et moins jeunes pourront partager et échanger des valeurs essentielles pour notre société future.

Nos sessions sont accessibles à toute personne capable de respecter les règles de sécurité de nos métiers et de maintenir les positions de travail, à partir de 18 ans, sans restriction en terme de niveau. 

Nous souhaitons organiser également des démonstrations et animations pour toutes et tous à l’occasion de journées portes-ouvertes.

Un espace “boutique éphémère” sera accessible sur site, sur rendez-vous ou ouvert ponctuellement, dans lequel chacun pourra venir voir et acquérir nos réalisations, ainsi que nous rencontrer lors d’événements bien spécifiques.

Mise en place concrète et éléments techniques du projet

Trois nouveaux espaces seront donc nécessaires au développement de notre projet. Pour cela, nous souhaitons construire avec des matériaux locaux, naturels et écologiques et avec l’aide d’artisans locaux et de notre architecte spécialisé dans l’écoconstruction et la rénovation à l’ancienne. L’idée est de créer un lieu s’intégrant parfaitement à son environnement et le respectant. 

Afin de répondre aux besoins de ce projet et de favoriser la vie et l’activité humaine que nous souhaitons voir s’y développer en harmonie avec l’activité des écosystèmes, nous devons donc construire deux espaces dédiés à nos activités professionnelles et une maison bioclimatique. Nous avons fait le choix de développer ce projet avec des artisans locaux afin d’être en accord avec notre démarche locale de préservation et de valorisation des savoirs faire et du patrimoine normand et de réduire les déplacements et donc la pollution liée aux transports.

Un atelier pluridisciplinaire et écologique

Atelier NORTHMEN en Lituanie, 2020

Un premier bâti dédié à nos activités professionnelles, principalement tourné autour du travail du métal et du bois, viendra remplacer la charreterie, accolée à la petite maison destinée à l’accueil de nos stagiaires et nous l’imaginons dans l’esprit des granges en bois normandes. Ce sera notre espace de fabrication, de stockage des matières et s’y dérouleront les sessions de stage. 

La charreterie, qui est en très mauvais état (pylônes électriques en béton en guise de poteaux, ceintures de pierres en ruines, bois vermoulus, tôles rouillées, etc.) sera donc démontée et la forge, l’atelier bijouterie et l’atelier bois viendront remplacer cet existant, de plain pied avec la technique poteaux-poutres et une aire en terre-chaux damée.

Le mode constructif « poteaux-poutres » est une variante de l’ossature bois qui travaille avec de plus grosses sections de bois, plus espacées, et des assemblages particuliers. Ce système ne date pas d’hier puisque des vestiges tirés des cendres de Pompéi indiquent l’utilisation de cette technique à l’époque de l’existence de la ville. Le système poteau-poutre a été par la suite beaucoup utilisé pour bâtir les maisons médiévales à colombage. Il constitue encore aujourd’hui l’un des procédés les plus innovants en matière de construction bois. Ce système se retrouve beaucoup en Normandie et en Alsace du sud, où la tradition est perpétuée.

Le poteaux-poutres est un système constructif  qui concentre les efforts sur sa structure primaire, les poutres et les poteaux. Le principe est celui de la structure porteuse, constituée de poteaux régulièrement espacés. Reliés par des poutres, ceux-ci forment une trame qui délimite les volumes intérieurs, de larges ouvertures et participe à l’esthétique du bâti lorsqu’on les laisse apparaître. La structure porteuse, constituée de bois massif, assure une solidité optimale et résiste particulièrement au tassement. Les  bâtiments  édifiés  avec  ce  mode  de  construction sont  composés  de  poteaux  qui  supportent  des  poutres.   Celles-ci   soutiennent   des   planchers.   Les poteaux  transfèrent  l’ensemble  des  charges  au  système de fondations. Des  parois  pleines,  des  fenêtres  et  des  portes  viennent  s’insérer  dans  le  squelette  formé  par  les poteaux  et  les  poutres.

Le recours au bois favorise l’économie forestière avec le maintien des savoir-faire traditionnels, l’utilisation d’essences locales et le conseil de professionnels de la filière de la région. 

Dans l’idéal, pour un travail et un accueil optimal cet atelier devrait être d’environ 200 m², pour trois artisans. 

La zone de travail du bois est celle qui nécessite le plus d’espace, environ 100 m² avec plusieurs postes de travail pour les sessions de stages, d’un espace de forge de 60 m² environ, d’un atelier-bijouterie de 30 m² et d’une mezzanine servant pour le stockage du bois en séchage. Sa hauteur sera de 7,2 mètres au plus haut, soit moins haute que la charretterie existante, d’environ 11 mètres actuellement. 

Un second petit bâtiment en bois de plain pieds et d’environ 65 m² sera construit à côté de la petite maison en poteaux-poutres lui aussi. Cet espace sera séparé en deux pièces : l’atelier de sculpture très lumineux de Lucie et un espace d’accueil type showroom avec une petite kitchenette intégrée pour accueillir nos stagiaires, pour présenter nos réalisations artisanales et pour entreposer notre matériel d’exposition.  Cela permettra de créer un esprit “corps de ferme” accueillant et pratique.

Une maison commune bioclimatique : ossature rondins de bois

Après trois années de recherches et de réflexion, notre choix s’est porté sur un type d’habitat écologique rustique, simple et très efficace : la maison bioclimatique en bois, et plus particulièrement à ossature en rondins de bois, une construction qui peut être faite entièrement en matériaux locaux par des artisans locaux sans dalle béton, sans peinture toxique, sans revêtements muraux toxiques, sans placo…

Nous avons fait ce choix en conscience en raison de la proximité et de la disponibilité de la matière première et des artisans, ainsi que de la faible consommation énergétique de cette architecture. Le tout sera sur pilotis de pierres afin d’éviter de devoir couler une chape de béton, et aucun autre revêtement ne sera appliqué afin de limiter l’impact de cette construction. 

D’après Ben Law, spécialiste de ce type de construction et auteur du livre « Maisons à ossatures en rondins de bois » (2017) : c’est un type d’architecture consistant en un assemblage de poteaux en rondins de bois posés sur des pilotis en pierre et de poutres, dont les vides sont comblés par des matériaux d’isolation et d’étanchéité (type laine de bois, madriers, etc.). Ce modèle constructif est fait pour le XXIème siècle : ces bâtiments sont économes en ressources et prouvent que les fondations peuvent être réalisées sans béton. Les essences de bois utilisées sont jeunes et locales, provenant de taillis qui, s’ils sont bien gérés, mettent beaucoup moins de temps à se renouveler qu’une charpente traditionnelle en chêne, et les essences peuvent être mélangées et variées.  Le rondin est priorisé car il est plus solide qu’un morceau de bois scié. 

Photo issue du livre cité ci-dessus

Ce qui est intéressant ici, c’est que le développement des maisons à ossatures en rondins de bois permettrait de créer un marché intéressant pour l’activité forestière française car les grumes recherchées doivent pousser lentement et en hauteur et les forêts exploitées pour ce type de construction nécessitent alors moins d’éclaircissages et donc moins de maintenance que pour des arbres plantés pour des constructions plus classiques.

La maison ferait environ 140 m², de plain-pied et avec un vide sanitaire. Elle serait raccordée à une fosse phytosanitaire pour l’évacuation et le recyclage des eaux.

Petite histoire de la maison en bois en France

Même si elles sont très présentes dans le paysage des pays nordiques (Scandinavie, Canada, Alaska…), les maisons en bois ont pour origine nos forêts européennes car durant l’âge du bronze les résineux y étaient très nombreux : les hommes ont commencé à concevoir des outils pour abattre, écorcer les arbres et construire de façon à réaliser rapidement des habitations. Les premières habitations consistaient en des rangées de poteaux plantés à la verticale dans une tranchée remblayée ensuite avec de la terre. Les difficultés à transporter le bois sur de longues distances poussèrent rapidement à adopter un modèle plus économique en espaçant les poteaux et en comblant les vides avec des branches et de l’argile, une première forme de torchis sur clayonnage. La poutre sablière fut ajoutée au sommet des poteaux afin de faciliter la fixation du toit et au fur et à mesure, le principe de la structure en bois s’améliora. Les charpentiers du Moyen-Âge édifièrent alors quelques-uns des plus beaux et des plus durables édifices de l’histoire, encore debout aujourd’hui, notamment les merveilleuses maisons à colombages : des  quartiers entiers de grandes villes ont été bâtis suivant ce principe,  comme  le  quartier  Latin,  les  Halles,  le  Marais pour Paris…. 

Puis, vers la fin du Moyen Âge, la démographie explosant en Europe, nos ancêtres ont défriché une grande partie de nos forêts pour cultiver les terres mais aussi pour pouvoir se chauffer et pour produire dans les fonderies, verreries, briqueteries, forges, etc. Ils ont alors commencé à privilégier la pierre pour fabriquer leurs maisons. Sans oublier  que la construction navale était très consommatrice en bois et prenait de l’ampleur. Cette matière devint donc très précieuse. Ensuite, lors de la découverte du Nouveau monde, les colons ont découvert là bas une profusion d’immenses forêts. Ils ont alors exporté la technique des maisons en bois là-bas, et au fil des siècles, elle fut peaufinée au gré des nouveaux outils à disposition pour devenir les techniques des maisons à ossatures bois variées et de précision que nous connaissons aujourd’hui.

Comme le souligne P. Pétrequin, archéologue, la maison en bois n’est d’aucun temps et d’aucun pays, mais elle est liée à l’exploitation de la forêt ; on comprend alors qu’elle a eu et qu’elle a toujours sa place dans nos régions et qu’en France, on commence à la redécouvrir depuis quelques années. Il existait avant des maisons de bois dans toutes les forêts de résineux ou de feuillus. C’était les habitations de tous les bûcherons, charbonniers, scieurs, sabotiers, forgerons… qui vivaient là en grand nombre, sur leur lieu de travail. Cette tradition de construction en bois était donc bien vivante en France quand, de nos forêts, s’embarquèrent les pionniers pour peupler le Canada, emportant avec eux le mode de construction en bois. Mais les temps ont changé : l’Europe s’est beaucoup reboisée, le bois est redevenu abondant et l’on redécouvre aujourd’hui les qualités de ce matériau longtemps délaissé.

Rappelons aussi que si cette architecture a été plus oubliée dans le paysage français, elle ne l’a pas été chez les scandinaves, et que ceux-ci ont colonisé à une époque la Normandie, terre des hommes du nord (« northmen »). Par exemple, la toponymie de nombreuses villes et villages normands vient de l’influence scandinave (voir “Vikings et noms de lieux de Normandie” de Jean Renaud). C’est avec le chef viking Rollon (Hrolfr) que le roi Charles le Simple négocia l’accord qui allait constituer l’acte de naissance de la Normandie aux environs de 911, contrat dans lequel le roi cédait aux scandinaves une partie du territoire normand qu’ils avaient sous contrôle afin qu’ils le défendent d’autres colonisations. C’est donc une manière d’incarner et de représenter sur le territoire normand ce passé oublié. Elle nous permettra d’immerger directement nos visiteurs dans une ambiance ancestrale, porteuse de savoirs-faire authentiques et mettant en valeur les richesses naturelles du territoire. 

Quand l’histoire s’inscrit dans l’avenir – La maison en bois : un impact écologique et environnemental très réduit

Depuis la fin du siècle dernier la maison en bois suscite un regain d’intérêt en France où l’on voit ce type de maisons se développer sur l’ensemble du territoire.

Un bâti naturel

C’est le type d’architecture naturel par excellence. Il utilise comme matière principale le bois, ici du sapin douglas, qui est une matière bien gérée en France, renouvelable et locale et qui stocke le carbone au lieu d’en émettre.  (Nous avons de plus pour projet de faire un crowdfunding pour aider à financer la replantation du nombre d’arbres ayant été nécessaires à la construction et d’ainsi mobiliser nos publics aux enjeux de protection des forêts).

Les matériaux principaux – des arbres – sont d’origine naturelle, ici issus d’essences locales pour un approvisionnement en circuit court peu polluant.

Pour fabriquer un tronc, il faut principalement du soleil, de la pluie, du gaz carbonique et du temps… Un processus 100% renouvelable dont le bilan carbone est largement positif et contribue à la réduction de l’effet de serre en piégeant du CO². C’est sans comparaison avec l’énergie dépensée et le gaz carbonique émis pour la fabrication des parpaings, ciment ou plâtre utilisés dans l’industrie conventionnelle du bâtiment et le peu de déchets laissés par la construction peut-être réutilisé (bois de chauffage, meubles, étagères, etc.). 

Des matières locales et des artisans respectueux

Puisque ce projet est basé sur le local,  le bâti construit sera bien moins énergivore que les constructions classiques : peu de pollution due au transport, peu de machines : débardage avec des percherons pour tracter le bois, transport très réduit puisqu’il proviendra du département de l’Orne (forêt d’Ecouves) en relation étroite avec l’ONF pour la sélection des bois, réalisation par des artisans ornais respectueux de l’environnement travaillant essentiellement à la main et n’utilisant que peu de machines en comparaison des constructions plus classiques : les structures des bâtiments seront réalisées par Adrien Mezenge, Compagnon du tour de France, charpentier particulièrement sensible au paysage ornais basé à Ravigny. L’ensemble des toitures sera réalisé en bardeaux de châtaigniers locaux faits à la main par Simon Ehanno, notre bardelier fendeur à l’ancienne à Carrouges.

Les poteaux des bâtiments reposeront sur des pilotis entourés de murs de pierres (provenant de ruines aux alentours du chantier) et un béton romain à base de chaux sera réalisé pour ne pas avoir besoin de couler une dalle de béton et ainsi pouvoir protéger la structure de l’humidité. Un hérisson pour drainer l’eau sera réalisé à base de déchets de tuiles en terre cuite recyclées.

Et la question de la déforestation ? 

En France, les forêts d’exploitation sont bien gérées et régulièrement coupées de façon sélective (et non « à blanc », c’est à dire que seulement certaines essences sont coupées et non toute une parcelle de forêt de manière à ce qu’elle continue de croître). Cette coupe nécessaire est largement compensée ici par une coupe locale et un temps de repousse suffisant à la régénération du patrimoine boisé. Cette compensation a lieu aussi parce qu’il n’y a pas d’utilisation d’autres matières en grande quantité pour la construction ce qui limite grandement la pollution liée à un autre type de production ou d’extraction de matières premières.

Un bâti à l’excellente régulation thermique

Cet impact continuera par la suite à être très réduit grâce à l’excellente régulation thermique naturelle du bois qui évite les variations de température à l’intérieur et permet d’avoir une maison naturellement fraîche l’été et confortable l’hiver avec une température stable toute l’année. La masse thermique du bois et l’isolation intermédiaire permettront de réguler l’hygrométrie intérieure et les variations de la température extérieure. Les bâtiments n’auront pas de fenêtres côté nord et seront implantés de façon à profiter au maximum de la chaleur naturelle du soleil sur les façades orientées sud. Le solarium de la maison avec ses baies vitrées participera grandement à ce captage en chauffant le mur sud de la maison. 

Un bâti fait pour durer

Les maisons en bois sont très robustes et certaines sont encore debout après des centaines d’années (et c’est pareil pour les toitures en bardeaux fendus qui, si les bardeaux sont retournés tous les cinquante ans, peuvent durer près de quatre cents ans !). Contrairement à la croyance commune, elles sont résistantes au feu, à la chaleur et au froid grâce à l’épaisseur des bois utilisés.

L’exemple positif d’un bâti écologique accessible

Plus qu’une maison et deux ateliers, ce projet sera prouvera que l’on peut se tourner vers une maison écologique, éthique et locale dont le coût n’est pas différent de celui d’une maison plus classique (et qui est même moins important sur le long terme grâce à des économies d’énergies significatives). Cela peut permettre de montrer que des alternatives sont possibles et s’intègrent très bien au paysage français tout en s’inscrivant en plus dans l’histoire de notre territoire. 

Une architecture profondément liée et intégrée au paysage forestier

Et au-delà de tous les aspects techniques abordés plus haut qui font de ce type de construction un projet écologique et ancré dans l’histoire sans comparaison, cette architecture se fond dans le paysage forestier, d’autant plus que nous restons ici sur un projet de construction de plain-pieds, sans étage. Cette esthétique participe à créer un environnement serein et harmonieux. L’architecture bois se fond dans le paysage et fait rêver quiconque l’aperçoit. Elle nous plonge dans une atmosphère authentique et sincère, chaleureuse et naturelle, propice à la déconnexion. Ce type de bâtiment est donc idéal pour notre projet grâce à son esthétique attirante, intrigante, véhiculant des valeurs naturelles et artisanales, propices au questionnement et à l’ouverture d’un dialogue autour des alternatives existantes et confortables face à un monde de consommation massive détruisant nos écosystèmes.

L’impact sur le paysage, la faune et la flore sera donc extrêmement réduit au regard des chantiers utilisant des techniques plus classiques. De plus, le terrain étant à l’extérieur du village, en haut d’un chemin sans issue, entouré par deux exploitations agricoles et bordé par la forêt et de grandes haies, l’ensemble ne serait visible qu’en étant sur place.

La question de l’énergie

Nous visons la sobriété énergétique de ce lieu de vie et d’activité. Notre objectif numéro un est donc de consommer seulement l’énergie dont nous avons réellement besoin. 

Dans un second temps, pour aller toujours plus loin dans l’expérimentation alliant activités économiques et écologie, nous souhaitons privilégier les sources d’énergie renouvelables.

Chauffage : le choix du poêle de masse

Notre choix s’est porté sur le chauffage au bois car il est neutre en carbone (s’il est issu de sources éco-gérées) puisque c’est une ressource renouvelable et bien gérée en France. 

D’après le bilan carbone de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), la quantité de gaz émise par le fioul domestique, le gaz naturel et l’électricité par tonne est, respectivement, de : 300, 231 et 60 contre 13 pour les bûches. Cela signifie que même si elles produisent du gaz à effet de serre, elles respectent mieux l’environnement que les autres. En effet, non seulement, elles sont neutres en carbone, mais la quantité de CO² qu’elles émettent est bien plus faible que celle des autres sources d’énergie.

De plus, il existe des solutions qui permettent de réduire davantage les effets de l’usage des cheminées sur l’environnement. Afin de rendre le chauffage à bûches encore plus écologique, il suffit de renforcer ses performances.

Le chauffage sera donc assuré par un poêle de masse en stéatite (pierre naturelle taillée) l’hiver. La stéatite possède d’excellentes capacités d’accumulation et de conduction de la chaleur. Associées à une densité élevée, la masse de stéatite volumineuse et la technologie de combustion avancée de ces poêles permet de chauffer un grand espace pendant longtemps en douceur (plusieurs jours même si la combustion est finie) avec une quantité de bois minime. La chaleur est rayonnante et la combustion s’effectue proprement et avec un très bon rendement énergétique. Le chauffage ne nécessite qu’une quantité minime de bois, qui brûle proprement en ne produisant pratiquement pas de cendres. Les émissions sont en-deçà des normes les plus strictes au monde et la chaleur dégagée peut être exploitée par exemple en reliant le poêle au chauffe-eau.

L’empreinte carbone de la fabrication de ces poêles est intéressante car elle est compensée après une utilisation de seulement 1-2 ans.

Ce poêle de masse présentera un fourneau à bois pour la cuisson l’hiver afin de profiter de cette énergie thermique produite en lui donnant une double fonction.

La régulation thermique : solaire passif et puits climatique

Naturellement de par leur structure, la régulation thermique de nos bâtiments sera conçue pour être optimale. La conception bioclimatique réfléchie dès la conception du projet avec notre architecte spécialisé en fera une maison passive utilisant au maximum l’apport solaire avec des vitrages orientés au Sud et une implantation idéale en fonction de la course du soleil bas de l’hiver. Une maison passive est une maison qui utilise peu d’énergie pour demeurer confortable toute l’année. L’énergie solaire est exploitée passivement grâce à cette conception architecturale qui utilise l’orientation du bâtiment, les murs, les fenêtres, les planchers, le toit, le solarium, la serre, pour capter un maximum d’énergie thermique et la conserver naturellement afin d’apporter chauffage et éclairage naturels.

La bonne isolation de la maison contribuera à diminuer les déperditions de chaleur.

En été, la climatisation solaire passive isolera de l’air chaud et de la chaleur du soleil et évacuera la chaleur à l’aide d’une ventilation naturelle obtenue par l’installation de rideaux, la plantation de haies et d’arbres à des endroits stratégiques et une attention portée sur la direction des vents dominants et des brises nocturnes. 

Cette énergie est appelée passive, car elle est gratuite et sans impact sur les écosystèmes.

Cette régulation sera aussi permise, s’il nous est autorisé de le faire, par la mise en place d’un puits canadien en grès. Le puits Canadien (encore appelé puits provençal ou puits climatique) est un concept qui permet d’assurer le chauffage d’un habitat en hiver et sa climatisation en été. Le principe consiste à utiliser la température du sol pour réchauffer ou refroidir l’air extérieur, et l’amener ensuite une fois filtré à l’intérieur de la maison. La température de la terre à 3 mètres de profondeur oscille entre 7 et 12°C toute l’année, ce qui permet d’obtenir un air tempéré quelle que soit la saison

L’ensemble des tubes et accessoires seront en grès, un matériau écologique, garanti 100 ans, ne générant pas de condensation, et permettant un échange thermique efficace tout en conservant la qualité de l’air dans la maison (pas de charge électrostatique due au frottement air/plastique). Le grès est un matériau sain, stable et fait d’argile non vitrifiée et il est ce qu’il y a de mieux pour l’échange et l’inertie thermique. Les tubes et accessoires sont entièrement étanches à l’eau, à l’air et aux gaz radons grâce à la chamotte qui est recouverte par le grès de part et d’autre des tubes (intérieur et extérieur), grâce également aux joints à lèvres en EPDM qui assurent la liaison entres les tubes.

L’eau

L’eau de pluie sera collectée pour le potager et les toilettes. Le système de traitement des eaux sera indépendant comme dans toute la zone et écologique via une fosse phytosanitaire agréée ou bien avec obligation de résultats.

D’autres systèmes sont encore à l’étude de notre côté, à mettre en place et expérimenter petit à petit selon les réglementations en vigueur : valorisation énergétique des déchets organiques : biogaz, gazéification du bois pour les besoins locaux d’électricité et d’énergie de cuisson, four solaire, Cogénération (double valorisation du combustible pour produire à la fois de l’énergie électrique et de l’énergie thermique utilisable sur place dans un réseau de chaleur, installation d’une micro-turbine, d’une micro-éolienne qui sont des solutions simples d’énergie renouvelable pour la production électrique locale. Nous réfléchissons aussi sur le stockage de l’énergie. Tout cela sera pensé en fonction des réglementations en vigueur en collaboration étroites avec les autorités compétentes.

Délais de construction idéaux

2020 : Montage du dossier de présentation et contact des artisans et professionnels (plans provisoires, devis, prêt bancaire, etc.) et présentation aux différents acteurs du territoire.

Printemps 2021 : Acquisition du terrain (en prêt à usage exclusif dans un premier temps), dépollution et nettoyage des mares si autorisés. Installation des clôtures, du potager, et acquisition des matériaux revalorisés (pierres, etc.). Préparation de la maisonnette en pierres pour accueillir sa future charpente. Finalisation des plans et des devis. Présentation du dossier de permis de construire à l’automne si le changement de PLU le permet. Montage du dossier de prêt auprès de la banque. 

Printemps 2022 : si le permis de construire a été accordé et le délai de recours des tiers dépassé, achat définitif du terrain, construction du plus petit des deux ateliers pour se familiariser avec la méthode de construction. Il servira dans un premier temps d’habitation provisoire.

Printemps – été 2023 : Démontage de la charreterie et de la toiture de la maisonnette en pierres. Construction de l’atelier principal et de sa charpente connectée avec celle de la maisonnette.

Printemps-été 2024 : construction de la maison bioclimatique à ossature en rondins de bois. Rénovation de la maisonnette en pierres au fur et à mesure.

L’Orne, un territoire authentique et stratégique

Quelle zone correspondrait le mieux à cette description si ce n’est un endroit aussi préservé, naturel et connecté à l’artisanat que l’Orne ? 

L’Orne et ses paysages sauvages et authentiques en font un véritable lieu de tourisme vert avec notamment la roche d’Oëtre et la Fosse Arthour. Les villages médiévaux comme Domfront lui donne aussi tout le charme de l’ancien et démontre son lien étroit avec l’Histoire.

Son paysage forestier entre en parfaite harmonie avec notre projet de maison et d’atelier écologique en bois comme nous l’expliquons plus bas.

Sa proximité avec Caen ainsi que la région parisienne, accessibles en transports en commun directs via Flers, en font un lieu de développement stratégique et accessible tout en étant en campagne, ce qui serait l’idéal pour nos stagiaires venus de toute la France. 

Un passé métallurgique essentiel

Benjamin a découvert en 2014 le circuit du fer reliant notamment Dompierre et son musée du fer et La Ferrière-aux-étangs en contactant et en rencontrant, à la suite de sa formation de féron fèvre, Michael HERBULOT de l’Association Le Savoir & Le Fer et le président de l’association Thierry Olivier, pour procéder à une extraction de minerai à St-Clair-de-Halouze dans le but de faire une réduction de minerai historique en recréant un métal archéologique exploité par les romains il y a 2000 ans. Il a donc découvert le potentiel archéologique expérimental de cette zone.

St-Clair de-Halouze et ses alentours, l’une des zones les plus riches en fer de Normandie, a un grand passé métallurgique. L’extraction du minerai se faisait à ciel ouvert pour alimenter les anciennes forges au bois des XVIème-XIXème siècles, telles celle de Varenne, jusqu’à l’exploitation des mines de fer modernes de La Ferrière-aux-Etangs et de Saint-Clair-de-Halouze, dans les années 1900-1970. Aujourd’hui fermée, ces zones n’en sont pas moins les témoins d’une richesse du paysage souterrain ornais. 

Ainsi, un projet tel que celui-ci permettrait de faire sens en faisant connaître l’histoire de ce département, revivre un riche passé au travers d’un métier ancien toujours bien vivant et suscitant un véritable regain d’intérêt aujourd’hui, regain que nous voyons déjà depuis plusieurs années.

Nous souhaitons y développer un projet artisanal, historique et écoresponsable, en lien avec le territoire : se réapproprier le paysage sans le dénaturer, s’intégrer à l’environnement naturel en le respectant, en le revalorisant, tout en participant à l’activité de la commune et du département. Une autre façon de penser le territoire, une façon de l’habiter et de le vivre tout en la protégeant.

Un projet porteur de sens… Pour les autres aussi !

De nombreux élus et acteurs locaux (entreprises, associations…) que nous avons rencontrés soutiennent d’ores et déjà cette installation dans l’Orne. Ils y voient eux aussi un intérêt réel pour un territoire qu’ils habitent, qu’ils vivent et font vivre, et au travers de leurs regards et de leur enthousiasme, c’est tout notre projet qui prend du sens. 

Ce projet a pour vocation principale d’être le vecteur d’une histoire et de savoirs-faire bien vivants, et d’un artisanat respectueux de la nature au coeur d’un territoire valorisé et préservé. Il sera intégré au paysage local souhaitant profondément être porteur et acteur de projets et d’initiatives locales et responsables mettant en valeur la nature et le patrimoine de la Normandie.

Pour conclure, ce projet, existant déjà à l’heure actuelle dans la Manche et fonctionnant déjà, ne demande qu’un nouveau lieu d’accueil pour se développer plus encore et accueillir des visiteurs venus de la France entière dans le but de se ressourcer, de découvrir et d’apprendre. 

CONTACTS

Benjamin ALBRYCHT & Lucie BRAILLON ~ La forge d’Asgeir & L’atelier de La lettre aux ours

la.forge.reves@gmail.com ~ 02.33.20.07.03

http://www.la-forge-asgeir.com

http://www.missive-to-bears.com

Et retrouvez nous très actifs sur INSTAGRAM

@la.forge.asgeir et @missive_to_bears

L’utilisation de pierres fines et précieuses responsables

Des pierres fines et précieuses 100% certifiées naturelles ET fairtrade

Vous n’imaginez pas ma joie au déballage de ce tout petit paquet si précieux reçu au Printemps 2019… Une pochette de quelques centimètres renfermant une quinzaine de petites pierres fines et précieuses taillées d’une rare beauté !

Pierres fines et précieuses fairtrade utilisées par l'atelier de La lettre aux ours - Missive to bears, artisanat écologique en France, création d'objets d'art et de décoration en bois en Normandie, le luxe à la française

Je suis très émue et très fière de pouvoir travailler avec ces quelques pierres. Mais pourquoi ? Pourquoi donc est-ce que ce serait différent puisque j’utilisais déjà des pierres fines naturelles auparavant ?

Car ce sont des pierres contrôlées de façon stricte en terme d’éthique et de respect de l’environnement. Des pierres qui ont une histoire, une histoire faite d’hommes, de femmes et de paysages connus. Des pierres « conflict-free ».

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Le diktat de la contrefaçon et la route sanglante de l’extraction des pierres précieuses

Le monde des pierres n’est pas tout rose. La recherche du minéral véritable et éthique est incroyablement compliquée, un vrai flou entoure encore aujourd’hui tout ce système.

Généralement, lors de l’achat classique d’une pierre, sur un marché ou sur le net, nous n’avons aucun regard sur les conditions de son extraction en terme de sécurité, de santé et de paiement des employés, trop souvent même nous ne savons même pas son pays d’origine. Il y en a partout, à croire que les entrailles de la Terre sont une ressource inépuisable.

Parfois, elles sont même fausses et vous ne vous en apercevez pas tant les contrefaçons sont aujourd’hui réalistes. Depuis très longtemps, il existe des contrefaçons criantes de vérité de pierres précieuses et fines, car de tout temps, il y a eu des faussaires et des clients prêts à acheter des faux. On trouve déjà de nombreux témoignages dans l’Antiquité. Les Égyptiens de l’Antiquité fabriquaient déjà de fausses pierres précieuses, notamment des turquoises. Il semblerait même que les Romains teignaient déjà les agates.

Lorsque l’on a fait le tri et que l’on a entre les mains de véritables pierres naturelles, la question à se poser va alors plus loin :

D’où proviennent-elles ? Par qui ont-elles été extraites ? Comment ?

La plupart des mines dans le monde se contentent de planter des bâtons de dynamite dans la roche, ce qui est évidemment très dangereux pour les ouvriers comme pour l’environnement. Il existe des milliers de mines géantes industrielles découpant les montagnes et ravageant les forêts et les fleuves, avec un processus d’extraction des roches en très grande quantité par des machines ; et d’autres artisanales à taille humaine mais dont les conditions de travail et de vie des ouvriers en terme de sécurité sont souvent extrêmes. Parfois même, ce sont des mines illégales exploitant des terres volées aux peuples autochtones et qui participent au développement de groupes terroristes et de dictatures. Souvent, les populations locales ne tirent aucun bénéfice de l’extraction et les pierres partent directement à destination de l’international. Vous avez peut être entendu parler des diamants de sang, de l’or de sang ? En vérité, toutes les formes d’extractions sont concernées lorsqu’il y a des enjeux financiers derrière.

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Mais d’où viennent ces pierres ? Comment ont-elles été taillés ? Où ? Par qui ? Dans quelles conditions ?

La taille est aussi une vraie question, ainsi que les conditions de travail dans laquelle sont les lapidaires et les produits qu’ils utilisent. La plupart du temps, ce sont des produits toxiques pour la santé des ouvriers et l’environnement. C’est le cas du mercure très connu et extrêmement polluant servant à agglomérer les particules d’or pour les trouver lors du filtrage et créant ainsi des quantités de boues toxiques remplies de métaux lourds impossible à traiter et stockés dans d’immenses réservoirs à ciel ouverts risquant à tous moments de polluer la terre et les eaux (et ce fut le cas en Colombie Britannique avec la pollution du fleuve Fraser). Je vous invite d’ailleurs à regarder le reportage de Arte à ce propos : La Rage de l’or et La Rage de l’or 2. Les pierres fines et précieuses ne font pas exception.

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L’acquisition de pierres « sans conflit » avec l’environnement et les hommes

Je me suis longtemps heurtée à l’absence totale d’information sur le domaine des pierres fairtrade en France mais aujourd’hui j’ai enfin dégoté la perle rare qui me convenait, les deux petits artisans lapidaires qui ont la même démarche que moi et ont réussi à réunir des pierres éthiques mais aussi bien plus respectueuses de l’environnement et qui me fournissent un certificat pour chacune, me garantissant une chaîne d’approvisionnement transparente, de la mine jusqu’à leur atelier. Leur secret : travailler en direct avec des mines artisanales légales et éthiques en Afrique (notamment en Tanzanie), au Sri Lanka et en Australie. Ils font partie de la National Association of Jewelers (NAJ) et sont membre clé du collectif Fair Luxury. Leur objectif : s’assurer que les pierres soient fabriquées sans souffrance (le fameux « conflict-free »), que cela soit pour les humains comme pour la planète. Ils ont établi un véritable lien de confiance avec les locaux, pérenne, en travaillant toujours avec les mêmes mines.

Ils travaillent également avec de très belles pierres précieuses des membres de l’Association des femmes minières tanzaniennes (TAWOMA), toutes suivies et tracées. Ils ont créé une collaboration éthique de pierres précieuses née en Tanzanie et travaillent directement avec les mineuses pour assurer une gamme de pierres (comme le rubis, le saphir, la tourmaline, l’améthyste et le grenat) acquises en direct de la mine, en assurant la protection et la juste rémunération de ces femmes mineuses.

Ils ont aussi créé une fondation capable de financer des projets d’entreprises caritatives et sociales.

Leur démarche en détail :

DES PRATIQUES DE TRAVAIL ÉQUITABLES

Ils veillent afin que les droits de l’homme soient respectés dans tous les domaines de leurs activités.

LA CONDAMNATION DE LA DISCRIMINATION

Ils croient en l’égalité pour tous et ne font aucune discrimination fondée sur la race, le sexe, la couleur, l’origine nationale ou sociale, la religion, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle, l’opinion politique ou tout autre statut protégé par la loi en vigueur. Ils recrutent en fonction des qualifications, des performances, des compétences et de l’expérience et prohibe le harcèlement. Par exemple, ils participent actuellement à un projet en Tanzanie, en collaboration avec une ONG (Pact), afin de créer un canal de commercialisation pour l’Association tanzanienne des mineurs (TaWoMA).

DES HEURES DE TRAVAIL LÉGALES ET SALAIRES RESPECTABLES

Ils contrôlent de manière stricte que la loi soit respectée en matière de salaire, d’heures de travail, d’heures supplémentaires et d’avantages sociaux. Ils s’engagent à ce que les travailleurs reçoivent un salaire égal ou supérieur au salaire de subsistance national. Ils exploitent leur position en tant que négociants dans la chaîne d’approvisionnement pour soutenir le développement économique des pays d’origine en collaborant avec des fournisseurs autochtones, en veillant à ce qu’ils soient payés équitablement pour leurs produits et que leurs travailleurs soient indemnisés équitablement.

UNE TOLÉRANCE ZÉRO ENVERS LE TRAVAIL DES ENFANTS, LE TRAVAIL FORCÉ ET LES ABUS DE TRAVAIL

Ils ont une tolérance zéro du travail des enfants et s’engagent à procurer des matériaux auprès des fournisseurs qui ne recrutent pas de personnes de moins de 18 ans.

Ils ont une tolérance zéro pour toutes les formes de travail forcé, y compris le travail pénitentiaire, le travail servile, le travail militaire et toute forme de traite des personnes.

UN LIEU DE TRAVAIL SÛR ET SAIN

Ils s’engagent à maintenir un lieu de travail exempt de violence, de harcèlement et d’intimidation et à traiter leurs employés et sous-traitants avec dignité et respect. Ils évaluent régulièrement leurs lieux de travail.

UNE PROTECTION ENVIRONNEMENTALE

Ils font tout pour prévenir la pollution et réduire les effets néfastes sur l’environnement et améliorer en permanence leurs pratiques en matière de durabilité et de protection de l’environnement.

Par exemple, au Sri-Lanka, ils se sont engagés à assurer et surveiller une élimination sûre de l’eau et des déchets sur les sites miniers et les installations de découpe.

Ils se sont engagés à déterminer les domaines prioritaires à améliorer et / ou à surveiller chaque année. Avec en priorité l’évaluation du niveau de risque pour les personnes et l’environnement.

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L’heure du bilan : des trésors de la Nature, une créatrice heureuse et des acquéreur rassurés !

Ce sont donc des gemmes d’exception que je vais vous proposer cette année, dont toute la préciosité et l’unicité sont prises en compte, pour ceux qui les extraits, pour la Planète, pour vous et pour moi.

Lucie Braillon, créatrice de l'atelier de la Lettre aux ours - missive to bears,artisanat français et écologique en Normandie utilisant des pierres précieuses et fines fairtrade ethique fair mined

Evidemment, leur prix d’achat n’est pas le même que celles qui ne sont pas tracées et c’est d’ailleurs ce qui rebutent bon nombre d’artisans n’ayant pas les moyens d’investir dans de tels bijoux de la nature. J’ai cependant fait le choix d’accorder un véritable budget à ces valeurs éthiques et environnementales qui me sont chères et qui, je l’espère, le sont pour vous aussi. Il est tellement important de reprendre conscience du privilège qui est celui de tenir un éclat vieux de plusieurs milliers voir millions d’années entre nos mains, aussi petit soit-il.

Améthyste, pierre fine fairtrade, ethique, écologique, environnement,  utilisée par l'atelier de la Lettre aux ours - Missive to Bears, artisanat écoresponsable en France, création d'objets d'art et de décoration en Normandie

Ainsi, améthyste, pierre de lune, grenat, aigue-marine, saphir, spectrolite… éthiques ont rejoint mon travail. Elles sont réservées à certaines belles pièces et seront fournies sur demande avec leur certificat d’authenticité.

Ambre, Moldavite, Météorite, upcycling, revalorisation, artisanat écologique français, atelier de la lettre aux ours - Missive to Bears, la forge d'asgeir
Argent 950 recyclé, upcycling, revalorisation, artisanat écologique français, atelier de la lettre aux ours - Missive to Bears, la forge d'Asgeir

Je travaille également avec des pierres et métaux anciens upcyclés notamment en revalorisation les chutes du travail de coutellerie de Benjamin : argent 950, bronze coulé, ambre millénaire, météorite de Sibérie, nacre venue d’une tabletterie, etc.

Je vous propose aussi des matières récoltées par nos soins directement notamment l’ambre récoltée par Benjamin en Pologne.

Les premières pierres fairtrade sont apparues dans mon travail en avril 2019 avec ma nouvelle collection inédite de ce Printemps : Les Barotanies ! Elles ornent désormais de nombreuses créations de ma conception.


Des bois toujours locaux et désormais l’accès à des essences précieuses

Comme vous le savez surement si vous suivez l’atelier depuis ses débuts, j’ai toujours travaillé avec des bois que je récoltais moi même ou bien des planches upcyclées. Le bois est une matière vivante et noble, précieuse, qu’il me tient à cœur de respecter et de mettre en valeur en ayant le moins de perte de possible.

Cependant, cette année, l’atelier évoluant à vitesse grand V, j’ai besoin de plus de bois et surtout de bois de qualité déjà secs (même très secs, entre 5 et 10 ans de séchage sont nécessaires, selon le type de bois afin qu’ils soient utilisables !). J’ai donc débuté un partenariat avec trois autres professionnels du bois :

Antoine, ébéniste du Calvados

Antoine a rouvert cette année l’atelier de son grand père ouvert en 1942 pendant la guerre et fermé depuis les années 70. Désireux de travailler en collaboration avec d’autres artisans et d’ainsi créer avec Benjamin et moi même un lien fort d’entraide et de coopération artisanale et locale, il me fournit désormais des bois secs, locaux, aux essences surprenantes. Il sélectionne les plus beaux morceaux de bois de son stock, toujours normands et issus de coupes nécessaires ou alors de forêts gérées durablement (et vraiment durablement). Ainsi, la pollution liée au transport est extrêmement limitée, ce sont des bois absolument non traités et vos acquisitions permettent aussi de faire vivre un autre artisan normand.

Ebeniste dans son atelier en Normandie, préparant le bois pour les coffrets en bois massif de l'atelier de La lettre aux ours - Missive to Bears, artisanat écologique, bois local
Antoine, au fond, préparant son bois pour mes coffrets en bois massif

Noyer, merisier, if et même séquoia (tout droit venu du domaine d’un château normand s’il vous plait !) font leur apparition dans mon travail, pour mon plus grand plaisir !

Damien, élagueur lui aussi du Calvados

Damien nous fournit les chutes des coupes qu’il doit faire chez des particuliers en Normandie afin que nous les mettions à sécher à l’atelier, pour donner une seconde vie à ces bois ! Il est élagueur professionnel, très sensible au respect de l’arbre : il ne coupe que ce qui est strictement nécessaire (pour des raisons de sécurité bien souvent) et fait tout son possible pour ne pas faire de dégâts sur l’arbre.

Damien, en plein élagage !

Benjamin de la Forge d’Asgeir

Mon cher et tendre lui aussi s’allie à ma démarche et me fournit ses chutes de bois utilisées pour faire les manches de ses couteaux afin qu’il n’y ait pas de gaspillage ! Il me garde absolument tous les morceaux afin que je fasse moi même une sélection des plus belles chutes, méritant elles aussi d’être travaillées et mises en valeur notamment au travers de ma nouvelle collection de bijoux parue le 5 avril 2019 : les Barotanies.

Benjamin Albrycht, forgeron coutelier de la Forge d'Asgeir, artisan normand dans la Manche
Benjamin, sectionnant en tronçons l’un des bouleaux abattus par la tempête de notre jardin-forêt dans la Manche

Ainsi,vous retrouverez par exemple du bois de padouk (d’ailleurs déjà upcyclé une fois par Benjamin puisque venant d’un marqueteur à la retraite) avec lequel étaient faits les ponts des bateaux de la marine anglaise, de la ronce de noyer (oui,vous savez, les tableaux de bord des Rolls-Royce ? Upcyclé lui aussi déjà une fois), du pichpin fumé du Canada, loupe de bouleau de Laponie, buis, if, bruyère sauvage corse de 200 ans (protégée mais coupée par les autorités locales pour empêcher la propagation d’incendie), etc.

Le bois, sous toutes ses formes donc, est donc toujours local et écoresponsable, parce que la Nature, ma source d’inspiration première, mérite tous les efforts de préservation qui sont en mon pouvoir en tant que créatrice d’objets d’art et de décoration en bois, pour vous donner une alternative d’achat dans ce domaine.

Alors n’hésitez pas à me poser des questions sur l’origine du bois de chaque pièce, j’y répondrai avec grand plaisir !