NOTRE PROJET : LA FORGE À RÊVE

PROJET D’INSTALLATION 

Pour un nouvel éco-lieu d’artisanat, d’histoire, de culture et de transmission en Normandie

Pour le développement d’une nouvelle activité locale, engagée dans les dynamiques culturelles, sociales, environnementales et dans l’économie circulaire du territoire.

TROIS DEUX ARTISANS ACTIFS & PASSIONNÉS 

Nous sommes Benjamin, Lucie et Nathalie, un noyau familial composé de trois artisans aussi passionnés l’un que l’autre exerçant nos métiers et savoirs-faire en Normandie dans la Manche.

Nous avons à coeur de travailler avec la nature et non contre elle, de la façon la plus écologique possible.

Benjamin ALBRYCHT de la Forge d’Asgeir est forgeron coutelier d’art et bijoutier depuis maintenant 7 ans, spécialisé en art nordique. Après une licence d’histoire et d’archéologie, il a été formé par le maître forgeron Christian Moretti à l’art ancestral de la métallurgie en partant de l’extraction du minerai jusqu’à sa transformation en couteaux, dagues, épées ainsi que bijoux historiques.

Passionné tant par le métal que par le bois, il travaille avec un élagueur tout aussi soucieux de l’environnement et fabrique également des carrelets de bois locaux et issus de sources éthiques à destination des professionnels ou hobbystes : tourneurs sur bois, couteliers, sculpteurs, etc.

Lucie BRAILLON de l’atelier de La lettre aux ours est artisane du bois éco-responsable, spécialisée dans différentes techniques de façonnage du bois, du tronc d’arbre à la pièce finie : sculptrice, graveuse, peintre aux pigments naturels, voilà quelques unes de ses multiples casquettes artisanales et artistiques.

Depuis maintenant 4 ans, elle travaille et expérimente ses propres techniques sur cette noble matière pour donner naissance à diverses pièces uniques comme des coffrets sculptés, des décorations, des peignes, des miroirs et des bijoux en bois. Le tout est inspiré par l’histoire de l’art et la Nature, dans le plus grand respect de l’environnement et des êtres vivants. Elle est également spécialisée dans la communication web et la photographie.

Nathalie LORIOT, mère de Lucie, est quant à elle créatrice de l’atelier de La Tortonne au fil tordu. Elle confectionne des articles en laine réalisés au crochet ou aux aiguilles tels que des châles et des accessoires vestimentaires.

Potière durant près de 15 ans dans le sud de la France, puis assistante de vie sociale pendant 15 autres années, elle s’est reconvertie à la suite du succès de ses créations et travaille aujourd’hui sur mesure en réalisant des pièces uniques à la main. Elle est notamment en train de développer une gamme en laines locales ornaises (atelier de la Filière près de Flers à Caligny) et à base de teintures végétales et de laine provenant d’élevages locaux respectueux des conditions de vie des animaux. 

Conscients et très engagés en faveur de la protection de l’environnement, nous travaillons tous deux à ce que l’ensemble de notre travail soit le plus éco-responsable possible au travers d’une sélection stricte des matières premières et de leur origine : bois locaux non issus de la déforestation, aciers issus d’une aciérie éco-responsable ou recyclés, pierres fines et précieuses d’origines contrôlées et éthiques, pigments naturels régionaux, laines de nos régions teintées à la main aux des pigments naturels…

Nous avons décidé de nous associer pour créer un atelier commun dans lequel nous partageons nos savoirs faires et allions nos techniques afin de créer des pièces uniques et hors du commun. 

Tout au long de l’année, nous participons à de nombreux salons des métiers d’art, marchés et expositions afin de faire connaître au plus grand nombre nos métiers, mais aussi à des événements plus spécifiques visant à mettre en valeur le patrimoine historique de la Normandie comme le marché viking du château de Pirou et de l’abbaye de La Lucerne d’Outremer dont les recettes des entrées permettent la restauration de ces sites. 

La transmission : au cœur de nos convictions

Au delà de l’aspect création et fabrication, nous accueillons de nombreux visiteurs chaque mois, fascinés par nos métiers dont l’origine est très ancienne : au fil des siècles, le travail du métal, du bois et de la laine ont fait ce qu’est l’humanité aujourd’hui, ils la définissent et la caractérisent. Ces matières premières font le quotidien des hommes et des femmes du monde entier depuis des milliers d’années. Des savoir-faire ancestraux et essentiels qui suscitent un véritable regain d’intérêt aujourd’hui en incarnant une nouvelle dynamique d’avenir pour l’artisanat français.

Nous mettons donc en valeur, au travers de nos échanges avec le public, l’histoire, la qualité de l’ouvrage artisanal, son unicité, la maîtrise du geste, de la matière et de l’outil.

Nous nous tournons aussi vers l’avenir de nos métiers en partageant notre éthique de travail et l’écoresponsabilité de nos atelier qui se sont adaptés aux besoins et aux enjeux environnementaux et sociaux d’aujourd’hui.

Nous accueillons des groupes en visites à l’atelier durant lesquelles nous leur contons l’histoire de nos ateliers, de notre démarche écologique et de nos matières. Nous sommes également très actifs sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, pour développer un artisanat accessible, visible, permettant un dialogue constants autour de nos métiers, de nos savoirs, de nos matières, de nos réalisations et de notre démarche de travail et de vie d’artisans du XXIème siècle.

Répondre à des questionnements & enjeux actuels

Ces échanges constants ont ainsi créé un véritable lien avec notre public qui nous a permis de recueillir leurs attentes et leurs besoins en tant que consommateurs par rapport aux enjeux actuels de la société d’aujourd’hui : nécessité de donner du sens à leurs achats, véritable prise de conscience de l’urgence de préserver les savoirs-faire français et de les mettre en valeur, prise de conscience également quant à l’importance de connaître l’origine des objets mais aussi des matières qui les composent. 

Nous sommes également les témoins d’une réelle curiosité et d’un besoin vital d’apprendre, de réapprendre, de redécouvrir les procédés de fabrication des objets, notamment chez les moins de 30 ans et par le biais de la matière brute et naturelle. Une envie concrète de s’immerger dans le “faire soi-même” pour sortir d’un quotidien trop souvent déconnecté de nos besoins vitaux nécessitant des savoirs-faire manuels : pouvoir se construire un abri, se nourrir, s’habiller… Un cri d’alarme, une nécessité de développement personnel et d’accomplissement afin de se sentir “capable de” : capable de comprendre, capable de faire soi même, pour les femmes comme pour les hommes.

Focus sur les sessions de forge

Face à ces demandes de plus en plus nombreuses, nous avons donc commencé à proposer, il y a trois ans, plusieurs façons d’appréhender ces savoir-faire en donnant l’opportunité à notre public de devenir acteur dans un premier temps du métier de forgeron coutelier, le temps d’une ou plusieurs journées. Ces sessions sont payantes et peuvent être financées en plusieurs fois, personnalisées sur mesure et en très petit comité (un à trois stagiaires maximum en même temps). Tout le monde peut y prendre part, à partir de 18 ans et dans la mesure où les positions de travail sont envisageables et les règles de sécurité applicables (voir plus bas “un lieu accessible à tous”), tous niveaux confondus, même sans expérience.

La session “Découverte” 

Le temps d’une journée ou d’un week-end, nous proposons à nos clients de venir réaliser eux-même une ou plusieurs pièces avec nous à l’atelier et de repartir avec. Venus de la France entière, ils découvrent auprès de nous un travail sincère, authentique, technique et engagé en faveur de l’environnement. Ils et elles repartent tous et toutes avec un couteau, un bijoux ou une sculpture en bois, ainsi qu’un enrichissement et un partage que nous souhaitons de tout cœur inoubliable. 

La session “Initiation” 

Animée par Benjamin : trois jours pour entrer véritablement dans l’univers de l’artisanat, découvrir et s’initier à des savoirs-faire plus techniques, plus précis et pour toucher du doigt le métier de forgeron coutelier pour les personnes souhaitant expérimenter un métier manuel touchant à différentes matières et regroupant plusieurs types de savoirs-faire (travail des aciers et des bois) dans le but d’une potentielle reconversion professionnelle. 

Simon, en session d’initiation, sur le point de faire sa première trempe, 2020

La session “Transmission” 

Animée par Benjamin, cette session est professionnalisante et conçue sur mesure selon le projet d’installation du stagiaire. Apprentissage théorique et pratique autour de l’ensemble des savoirs-faire, des techniques et de l’outillage du forgeron coutelier, durant lequel ils apprennent à maîtriser les bases essentielles de ce métier ancien pour en faire le leur.

Tony, Johan, Alexandra, Nicolas, Joseph… sont venus à la forge apprendre le métier durant plusieurs semaines

La session “Accompagnement” 

Animée par Lucie, c’est une session d’aide au développement des entrepreneur-ses artisan-es durant laquelle les stagiaires apprennent à développer leur concept créatif, à lancer et gérer administrativement parlant leur entreprise ainsi qu’à mettre en valeur et promouvoir leur activité. Elle propose une véritable boîte à outils pour établir une communication efficace, authentique et positive : toutes les clefs pour réussir lorsque l’on a les savoirs-faire mais que l’on ne maîtrise pas – encore – les connaissances liées au commerce de son activité.

Nous avons ainsi accueilli plus de 60 stagiaires en trois ans, de 18 à 75 ans pour 169 jours de sessions dont 9 personnes dans le but d’une orientation professionnelle. 


« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible« 

~ Antoine de Saint-Exupery

LA VOLONTÉ DE FAIRE ÉVOLUER NOTRE PROJET

Aujourd’hui, nos activités fonctionnent au delà de nos espérances et le planning des sessions est bouclé d’une année pour l’autre. Nous souhaitons donc faire évoluer nos activités en quelque chose de plus grand.

Actuellement, nos ateliers sont basés dans la ferme familiale à Videcosville, dans la Manche. Mais nous manquons de place pour une capacité d’accueil optimale. L’objectif de cette année 2020-2021 est donc de déménager et de trouver un nouveau lieu pour créer la “Forge à rêves”, qui sera plus adapté à nos différentes propositions. Un lieu entre histoire, nature et culture en Normandie, qui aie du sens, et qui soit à un carrefour géographique afin d’en faciliter l’accès au plus grand nombre. Un lieu calme et accueillant, propice au développement de nouvelles perspectives d’avenir et ayant la volonté d’accueillir des projets écologiques afin de travailler de concert avec nous et qu’ainsi nous soyons intrinsèquement liés au territoire sur lequel nous ferons découvrir l’artisanat de Normandie et continuer de faire grandir des vocations nouvelles.

Des stages de sculpture sur bois

Lucie souhaiterait pouvoir elle aussi proposer des stages de sculpture dans un espace adapté et pratique durant lesquels elle pourrait sensibiliser à la richesse du patrimoine forestier français, à la diversité des essences, etc. Ces stages d’une ou plusieurs journées seraient l’occasion pour le public de découvrir les différentes essences de bois se travaillant dans nos régions et les techniques de travail ainsi que de bénéficier d’un accompagnement dans le geste pour repartir avec leur réalisation.

L’évolution des stages de forge

Benjamin voudrait quant à lui être en capacité d’accueillir un stagiaire de plus, d’avoir des postes adaptés et spacieux pour toutes et tous et pouvoir installer outils et machines nécessaires à la mise en œuvre les techniques apprises lors de sa formation de fabrication du métal et d’aciers feuilletés.

Les besoins du projet

L’objectif est donc de créer un lieu de vie, de travail en harmonie avec l’environnement qui l’accueille, transportant directement notre public dans une atmosphère hors du temps et de l’espace et ainsi propice à une déconnexion nécessaire pour favoriser la découverte, la sensibilisation et la transmission.

“Un lieu pour créer, explorer, réinventer”

Un atelier commun sera bâti pour que nous puissions y exercer nos activités de fabrication regroupant une forge, une bijouterie, un atelier de travail du bois, des zones de stockage des matières… : un espace de plain-pied de 150m² ~ 200m² pour répondre à nos besoins techniques liés à la fabrication artisanale.

Photographie par Benjamin TANTOT, 2021

“Un lieu pour apprendre et transmettre”

L’atelier devra être suffisamment grand pour pouvoir accueillir plusieurs postes de travail afin de répondre à la demande croissante de sessions de forge et de bijouterie. Ainsi, la capacité d’accueil souhaitée est de 4 stagiaires, ce qui fait donc 4 postes de travail nécessaires en plus du poste principal. Une pièce devra aussi être dédiée aux cours théoriques.

Photographie par Benjamin TANTOT, 2021

“Un lieu hors du temps et de l’espace” 

Pour une prise de conscience écologique par l’exemple.

Au delà d’un lieu de fabrication artisanale et d’apprentissage, cet endroit sera aussi un espace d’immersion positive et de connexion avec la nature qui permettra une remise en question des habitudes et une prise de conscience par l’exemple, en rencontrant deux artisans ayant fait le choix d’un mode de vie écologique et ayant développé un projet avec, et non contre, l’environnement qui l’entoure : potager en permaculture, poulailler, ruches, pain au levain, forêt comestible… Tout ce que nous avons déjà mis en place dans la Manche mais que nous souhaitons voir grandir plus encore. Un espace favorisant la biodiversité du site et protégeant ses spécificités. Une façon de vivre le paysage sans le dénaturer, de s’intégrer à l’environnement naturel en le respectant, en le revalorisant, tout en participant à l’activité de la commune et du département. Une autre façon d’habiter l’espace tout en développant une activité économique, sociale et culturelle à l’ancrage local, engagée dans les dynamiques économiques, sociales et environnementales du territoire.

Nous ouvrirons la porte à la curiosité et les questions qui font sens aujourd’hui, au XXIème siècle, seront cultivées : curiosité quant aux savoir-faire du passé, à leur survivance et à leur utilité et applications aujourd’hui et pour l’avenir. Curiosité également quant à nos choix de vie et de consommation conscients et écologiques, faisant écho au futur que nous souhaitons pour le territoire que nous habitons. Ce sera un espace de découverte et d’échanges autour d’un mode de vie transitoire remettant au centre de notre quotidien le travail écoresponsable et la production artisanale respectueuse de la nature dans une réflexion constante autour de l’origine, de la traçabilité, de la qualité et du circuit court. En partageant nos repas faits maisons avec des produits locaux et biologiques, en découvrant notre potager en permaculture et notre jardin des simples, en étant curieux sur notre production d’énergie écologique, en dormant dans des habitations à faible consommation énergétique et en apprenant à vivre et à penser l’avenir de façon différente le temps de quelques heures ou de quelques jours…

“L’apprentissage peut commencer. Un retour aux sources mêlant traditions et savoirs du passé, actions présentes et réflexion pour le futur.” 

Nous recherchons donc un écrin de nature pour mettre en valeur nos actions au travers de ce projet, de plus de 8000m², en campagne pour être au calme et proposé un véritable cadre de repos tout en étant en lien perpétuel avec le territoire, suffisamment grand pour développer l’ensemble de notre projet d’atelier et de maison mais aussi tout un environnement naturel favorisant une immersion totale : une zone de prés pour le bâti, et un espace naturel pour la biodiversité avec un point d’eau et une zone très arborée, des fruitiers…

Nous aimerions l’été pouvoir organiser des rencontres avec d’autres artisans, des petits marchés, des expositions : tourneur sur bois, couturière, brasseur, illustratrice, paysan boulanger, potière, fondeur, sculpteur, tisseuse, historien, troupes de reconstitutions et autres artistes. Nous souhaitons que cela soit un lieu d’accueil de stages pour d’autres acteurs de la région en accord avec nos valeurs : découvertes des plantes sauvages, de la faune et de la flore, des métiers anciens, de sensibilisation écologique, de créations et d’alternatives diverses.

De plus pour participer à ce climat d’échange et de partage, le repas du midi est offert à notre table en produits artisanaux, locaux et bio, faisant ainsi la promotion d’un territoire varié et fertile.

Un maximum de 5 personnes sera accueilli en même temps pour conserver l’esprit d’un lieu calme et en harmonie avec l’environnement qui l’entoure.

“Un lieu vivant, un lieu de vie” 

Cet espace devra donc être un lieu de vie autant qu’un lieu de valorisation, de transmission et de création. Ainsi, nous ne souhaitons pas perdre le confort et toutes les valeurs que représente un lieu regroupant espace de vie, d’habitation et espace de travail. Nous souhaitons réellement démontrer l’intérêt et la nécessité de retourner à ce que nos ancêtres faisaient en vivant au dessus de leurs ateliers, ou au dessus de leur ferme. Nous souhaitons créer un lieu chaleureux et vivant, où vie professionnelle et valeurs personnelles se font écho sans cesse, un espace de partage, d’accueil et de disponibilité, allant au delà d’horaires de travail définis. L’idée est de sortir du “métro-boulot-dodo” de nos sociétés contemporaines et de créer quelque chose de différent, où tout s’interconnecte, où nous créerons du lien. 

“Un lieu pour tous”

Ce lieu sera un endroit intergénérationnel, ou jeunes et moins jeunes pourront partager et échanger des valeurs essentielles pour notre société future.

Nos sessions sont accessibles à toute personne capable de respecter les règles de sécurité de nos métiers et de maintenir les positions de travail, à partir de 18 ans, sans restriction en terme de niveau. 

Nous souhaitons organiser également des démonstrations et animations pour toutes et tous à l’occasion de journées portes-ouvertes.

Un espace “boutique éphémère” sera accessible sur site, sur rendez-vous ou ouvert ponctuellement, dans lequel chacun pourra venir voir et acquérir nos réalisations, ainsi que nous rencontrer lors d’événements bien spécifiques.

Mise en place concrète et éléments techniques du projet

Trois nouveaux espaces seront donc nécessaires au développement de notre projet. Pour cela, nous souhaitons construire avec des matériaux locaux, naturels et écologiques et avec l’aide d’artisans locaux et de notre architecte spécialisé dans l’écoconstruction et la rénovation à l’ancienne. L’idée est de créer un lieu s’intégrant parfaitement à son environnement et le respectant. 

Afin de répondre aux besoins de ce projet et de favoriser la vie et l’activité humaine que nous souhaitons voir s’y développer en harmonie avec l’activité des écosystèmes, nous devons donc construire deux espaces dédiés à nos activités professionnelles et une maison bioclimatique. Nous avons fait le choix de développer ce projet avec des artisans locaux afin d’être en accord avec notre démarche locale de préservation et de valorisation des savoirs faire et du patrimoine normand et de réduire les déplacements et donc la pollution liée aux transports.

Un atelier pluridisciplinaire et écologique

Atelier NORTHMEN en Lituanie, 2020

Un premier bâti dédié à nos activités professionnelles, principalement tourné autour du travail du métal et du bois, viendra remplacer la charreterie, accolée à la petite maison destinée à l’accueil de nos stagiaires et nous l’imaginons dans l’esprit des granges en bois normandes. Ce sera notre espace de fabrication, de stockage des matières et s’y dérouleront les sessions de stage. 

La charreterie, qui est en très mauvais état (pylônes électriques en béton en guise de poteaux, ceintures de pierres en ruines, bois vermoulus, tôles rouillées, etc.) sera donc démontée et la forge, l’atelier bijouterie et l’atelier bois viendront remplacer cet existant, de plain pied avec la technique poteaux-poutres et une aire en terre-chaux damée.

Le mode constructif « poteaux-poutres » est une variante de l’ossature bois qui travaille avec de plus grosses sections de bois, plus espacées, et des assemblages particuliers. Ce système ne date pas d’hier puisque des vestiges tirés des cendres de Pompéi indiquent l’utilisation de cette technique à l’époque de l’existence de la ville. Le système poteau-poutre a été par la suite beaucoup utilisé pour bâtir les maisons médiévales à colombage. Il constitue encore aujourd’hui l’un des procédés les plus innovants en matière de construction bois. Ce système se retrouve beaucoup en Normandie et en Alsace du sud, où la tradition est perpétuée.

Le poteaux-poutres est un système constructif  qui concentre les efforts sur sa structure primaire, les poutres et les poteaux. Le principe est celui de la structure porteuse, constituée de poteaux régulièrement espacés. Reliés par des poutres, ceux-ci forment une trame qui délimite les volumes intérieurs, de larges ouvertures et participe à l’esthétique du bâti lorsqu’on les laisse apparaître. La structure porteuse, constituée de bois massif, assure une solidité optimale et résiste particulièrement au tassement. Les  bâtiments  édifiés  avec  ce  mode  de  construction sont  composés  de  poteaux  qui  supportent  des  poutres.   Celles-ci   soutiennent   des   planchers.   Les poteaux  transfèrent  l’ensemble  des  charges  au  système de fondations. Des  parois  pleines,  des  fenêtres  et  des  portes  viennent  s’insérer  dans  le  squelette  formé  par  les poteaux  et  les  poutres.

Le recours au bois favorise l’économie forestière avec le maintien des savoir-faire traditionnels, l’utilisation d’essences locales et le conseil de professionnels de la filière de la région. 

Dans l’idéal, pour un travail et un accueil optimal cet atelier devrait être d’environ 200 m², pour trois artisans. 

La zone de travail du bois est celle qui nécessite le plus d’espace, environ 100 m² avec plusieurs postes de travail pour les sessions de stages, d’un espace de forge de 60 m² environ, d’un atelier-bijouterie de 30 m² et d’une mezzanine servant pour le stockage du bois en séchage. Sa hauteur sera de 7,2 mètres au plus haut, soit moins haute que la charretterie existante, d’environ 11 mètres actuellement. 

Un second petit bâtiment en bois de plain pieds et d’environ 65 m² sera construit à côté de la petite maison en poteaux-poutres lui aussi. Cet espace sera séparé en deux pièces : l’atelier de sculpture très lumineux de Lucie et un espace d’accueil type showroom avec une petite kitchenette intégrée pour accueillir nos stagiaires, pour présenter nos réalisations artisanales et pour entreposer notre matériel d’exposition.  Cela permettra de créer un esprit “corps de ferme” accueillant et pratique.

Une maison commune bioclimatique : ossature rondins de bois

Après trois années de recherches et de réflexion, notre choix s’est porté sur un type d’habitat écologique rustique, simple et très efficace : la maison bioclimatique en bois, et plus particulièrement à ossature en rondins de bois, une construction qui peut être faite entièrement en matériaux locaux par des artisans locaux sans dalle béton, sans peinture toxique, sans revêtements muraux toxiques, sans placo…

Nous avons fait ce choix en conscience en raison de la proximité et de la disponibilité de la matière première et des artisans, ainsi que de la faible consommation énergétique de cette architecture. Le tout sera sur pilotis de pierres afin d’éviter de devoir couler une chape de béton, et aucun autre revêtement ne sera appliqué afin de limiter l’impact de cette construction. 

D’après Ben Law, spécialiste de ce type de construction et auteur du livre « Maisons à ossatures en rondins de bois » (2017) : c’est un type d’architecture consistant en un assemblage de poteaux en rondins de bois posés sur des pilotis en pierre et de poutres, dont les vides sont comblés par des matériaux d’isolation et d’étanchéité (type laine de bois, madriers, etc.). Ce modèle constructif est fait pour le XXIème siècle : ces bâtiments sont économes en ressources et prouvent que les fondations peuvent être réalisées sans béton. Les essences de bois utilisées sont jeunes et locales, provenant de taillis qui, s’ils sont bien gérés, mettent beaucoup moins de temps à se renouveler qu’une charpente traditionnelle en chêne, et les essences peuvent être mélangées et variées.  Le rondin est priorisé car il est plus solide qu’un morceau de bois scié. 

Photo issue du livre cité ci-dessus

Ce qui est intéressant ici, c’est que le développement des maisons à ossatures en rondins de bois permettrait de créer un marché intéressant pour l’activité forestière française car les grumes recherchées doivent pousser lentement et en hauteur et les forêts exploitées pour ce type de construction nécessitent alors moins d’éclaircissages et donc moins de maintenance que pour des arbres plantés pour des constructions plus classiques.

La maison ferait environ 140 m², de plain-pied et avec un vide sanitaire. Elle serait raccordée à une fosse phytosanitaire pour l’évacuation et le recyclage des eaux.

Petite histoire de la maison en bois en France

Même si elles sont très présentes dans le paysage des pays nordiques (Scandinavie, Canada, Alaska…), les maisons en bois ont pour origine nos forêts européennes car durant l’âge du bronze les résineux y étaient très nombreux : les hommes ont commencé à concevoir des outils pour abattre, écorcer les arbres et construire de façon à réaliser rapidement des habitations. Les premières habitations consistaient en des rangées de poteaux plantés à la verticale dans une tranchée remblayée ensuite avec de la terre. Les difficultés à transporter le bois sur de longues distances poussèrent rapidement à adopter un modèle plus économique en espaçant les poteaux et en comblant les vides avec des branches et de l’argile, une première forme de torchis sur clayonnage. La poutre sablière fut ajoutée au sommet des poteaux afin de faciliter la fixation du toit et au fur et à mesure, le principe de la structure en bois s’améliora. Les charpentiers du Moyen-Âge édifièrent alors quelques-uns des plus beaux et des plus durables édifices de l’histoire, encore debout aujourd’hui, notamment les merveilleuses maisons à colombages : des  quartiers entiers de grandes villes ont été bâtis suivant ce principe,  comme  le  quartier  Latin,  les  Halles,  le  Marais pour Paris…. 

Puis, vers la fin du Moyen Âge, la démographie explosant en Europe, nos ancêtres ont défriché une grande partie de nos forêts pour cultiver les terres mais aussi pour pouvoir se chauffer et pour produire dans les fonderies, verreries, briqueteries, forges, etc. Ils ont alors commencé à privilégier la pierre pour fabriquer leurs maisons. Sans oublier  que la construction navale était très consommatrice en bois et prenait de l’ampleur. Cette matière devint donc très précieuse. Ensuite, lors de la découverte du Nouveau monde, les colons ont découvert là bas une profusion d’immenses forêts. Ils ont alors exporté la technique des maisons en bois là-bas, et au fil des siècles, elle fut peaufinée au gré des nouveaux outils à disposition pour devenir les techniques des maisons à ossatures bois variées et de précision que nous connaissons aujourd’hui.

Comme le souligne P. Pétrequin, archéologue, la maison en bois n’est d’aucun temps et d’aucun pays, mais elle est liée à l’exploitation de la forêt ; on comprend alors qu’elle a eu et qu’elle a toujours sa place dans nos régions et qu’en France, on commence à la redécouvrir depuis quelques années. Il existait avant des maisons de bois dans toutes les forêts de résineux ou de feuillus. C’était les habitations de tous les bûcherons, charbonniers, scieurs, sabotiers, forgerons… qui vivaient là en grand nombre, sur leur lieu de travail. Cette tradition de construction en bois était donc bien vivante en France quand, de nos forêts, s’embarquèrent les pionniers pour peupler le Canada, emportant avec eux le mode de construction en bois. Mais les temps ont changé : l’Europe s’est beaucoup reboisée, le bois est redevenu abondant et l’on redécouvre aujourd’hui les qualités de ce matériau longtemps délaissé.

Rappelons aussi que si cette architecture a été plus oubliée dans le paysage français, elle ne l’a pas été chez les scandinaves, et que ceux-ci ont colonisé à une époque la Normandie, terre des hommes du nord (« northmen »). Par exemple, la toponymie de nombreuses villes et villages normands vient de l’influence scandinave (voir “Vikings et noms de lieux de Normandie” de Jean Renaud). C’est avec le chef viking Rollon (Hrolfr) que le roi Charles le Simple négocia l’accord qui allait constituer l’acte de naissance de la Normandie aux environs de 911, contrat dans lequel le roi cédait aux scandinaves une partie du territoire normand qu’ils avaient sous contrôle afin qu’ils le défendent d’autres colonisations. C’est donc une manière d’incarner et de représenter sur le territoire normand ce passé oublié. Elle nous permettra d’immerger directement nos visiteurs dans une ambiance ancestrale, porteuse de savoirs-faire authentiques et mettant en valeur les richesses naturelles du territoire. 

Quand l’histoire s’inscrit dans l’avenir – La maison en bois : un impact écologique et environnemental très réduit

Depuis la fin du siècle dernier la maison en bois suscite un regain d’intérêt en France où l’on voit ce type de maisons se développer sur l’ensemble du territoire.

Un bâti naturel

C’est le type d’architecture naturel par excellence. Il utilise comme matière principale le bois, ici du sapin douglas, qui est une matière bien gérée en France, renouvelable et locale et qui stocke le carbone au lieu d’en émettre.  (Nous avons de plus pour projet de faire un crowdfunding pour aider à financer la replantation du nombre d’arbres ayant été nécessaires à la construction et d’ainsi mobiliser nos publics aux enjeux de protection des forêts).

Les matériaux principaux – des arbres – sont d’origine naturelle, ici issus d’essences locales pour un approvisionnement en circuit court peu polluant.

Pour fabriquer un tronc, il faut principalement du soleil, de la pluie, du gaz carbonique et du temps… Un processus 100% renouvelable dont le bilan carbone est largement positif et contribue à la réduction de l’effet de serre en piégeant du CO². C’est sans comparaison avec l’énergie dépensée et le gaz carbonique émis pour la fabrication des parpaings, ciment ou plâtre utilisés dans l’industrie conventionnelle du bâtiment et le peu de déchets laissés par la construction peut-être réutilisé (bois de chauffage, meubles, étagères, etc.). 

Des matières locales et des artisans respectueux

Puisque ce projet est basé sur le local,  le bâti construit sera bien moins énergivore que les constructions classiques : peu de pollution due au transport, peu de machines : débardage avec des percherons pour tracter le bois, transport très réduit puisqu’il proviendra du département de l’Orne (forêt d’Ecouves) en relation étroite avec l’ONF pour la sélection des bois, réalisation par des artisans ornais respectueux de l’environnement travaillant essentiellement à la main et n’utilisant que peu de machines en comparaison des constructions plus classiques : les structures des bâtiments seront réalisées par Adrien Mezenge, Compagnon du tour de France, charpentier particulièrement sensible au paysage ornais basé à Ravigny. L’ensemble des toitures sera réalisé en bardeaux de châtaigniers locaux faits à la main par Simon Ehanno, notre bardelier fendeur à l’ancienne à Carrouges.

Les poteaux des bâtiments reposeront sur des pilotis entourés de murs de pierres (provenant de ruines aux alentours du chantier) et un béton romain à base de chaux sera réalisé pour ne pas avoir besoin de couler une dalle de béton et ainsi pouvoir protéger la structure de l’humidité. Un hérisson pour drainer l’eau sera réalisé à base de déchets de tuiles en terre cuite recyclées.

Et la question de la déforestation ? 

En France, les forêts d’exploitation sont bien gérées et régulièrement coupées de façon sélective (et non « à blanc », c’est à dire que seulement certaines essences sont coupées et non toute une parcelle de forêt de manière à ce qu’elle continue de croître). Cette coupe nécessaire est largement compensée ici par une coupe locale et un temps de repousse suffisant à la régénération du patrimoine boisé. Cette compensation a lieu aussi parce qu’il n’y a pas d’utilisation d’autres matières en grande quantité pour la construction ce qui limite grandement la pollution liée à un autre type de production ou d’extraction de matières premières.

Un bâti à l’excellente régulation thermique

Cet impact continuera par la suite à être très réduit grâce à l’excellente régulation thermique naturelle du bois qui évite les variations de température à l’intérieur et permet d’avoir une maison naturellement fraîche l’été et confortable l’hiver avec une température stable toute l’année. La masse thermique du bois et l’isolation intermédiaire permettront de réguler l’hygrométrie intérieure et les variations de la température extérieure. Les bâtiments n’auront pas de fenêtres côté nord et seront implantés de façon à profiter au maximum de la chaleur naturelle du soleil sur les façades orientées sud. Le solarium de la maison avec ses baies vitrées participera grandement à ce captage en chauffant le mur sud de la maison. 

Un bâti fait pour durer

Les maisons en bois sont très robustes et certaines sont encore debout après des centaines d’années (et c’est pareil pour les toitures en bardeaux fendus qui, si les bardeaux sont retournés tous les cinquante ans, peuvent durer près de quatre cents ans !). Contrairement à la croyance commune, elles sont résistantes au feu, à la chaleur et au froid grâce à l’épaisseur des bois utilisés.

L’exemple positif d’un bâti écologique accessible

Plus qu’une maison et deux ateliers, ce projet sera prouvera que l’on peut se tourner vers une maison écologique, éthique et locale dont le coût n’est pas différent de celui d’une maison plus classique (et qui est même moins important sur le long terme grâce à des économies d’énergies significatives). Cela peut permettre de montrer que des alternatives sont possibles et s’intègrent très bien au paysage français tout en s’inscrivant en plus dans l’histoire de notre territoire. 

Une architecture profondément liée et intégrée au paysage forestier

Et au-delà de tous les aspects techniques abordés plus haut qui font de ce type de construction un projet écologique et ancré dans l’histoire sans comparaison, cette architecture se fond dans le paysage forestier, d’autant plus que nous restons ici sur un projet de construction de plain-pieds, sans étage. Cette esthétique participe à créer un environnement serein et harmonieux. L’architecture bois se fond dans le paysage et fait rêver quiconque l’aperçoit. Elle nous plonge dans une atmosphère authentique et sincère, chaleureuse et naturelle, propice à la déconnexion. Ce type de bâtiment est donc idéal pour notre projet grâce à son esthétique attirante, intrigante, véhiculant des valeurs naturelles et artisanales, propices au questionnement et à l’ouverture d’un dialogue autour des alternatives existantes et confortables face à un monde de consommation massive détruisant nos écosystèmes.

L’impact sur le paysage, la faune et la flore sera donc extrêmement réduit au regard des chantiers utilisant des techniques plus classiques. De plus, le terrain étant à l’extérieur du village, en haut d’un chemin sans issue, entouré par deux exploitations agricoles et bordé par la forêt et de grandes haies, l’ensemble ne serait visible qu’en étant sur place.

La question de l’énergie

Nous visons la sobriété énergétique de ce lieu de vie et d’activité. Notre objectif numéro un est donc de consommer seulement l’énergie dont nous avons réellement besoin. 

Dans un second temps, pour aller toujours plus loin dans l’expérimentation alliant activités économiques et écologie, nous souhaitons privilégier les sources d’énergie renouvelables.

Chauffage : le choix du poêle de masse

Notre choix s’est porté sur le chauffage au bois car il est neutre en carbone (s’il est issu de sources éco-gérées) puisque c’est une ressource renouvelable et bien gérée en France. 

D’après le bilan carbone de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), la quantité de gaz émise par le fioul domestique, le gaz naturel et l’électricité par tonne est, respectivement, de : 300, 231 et 60 contre 13 pour les bûches. Cela signifie que même si elles produisent du gaz à effet de serre, elles respectent mieux l’environnement que les autres. En effet, non seulement, elles sont neutres en carbone, mais la quantité de CO² qu’elles émettent est bien plus faible que celle des autres sources d’énergie.

De plus, il existe des solutions qui permettent de réduire davantage les effets de l’usage des cheminées sur l’environnement. Afin de rendre le chauffage à bûches encore plus écologique, il suffit de renforcer ses performances.

Le chauffage sera donc assuré par un poêle de masse en stéatite (pierre naturelle taillée) l’hiver. La stéatite possède d’excellentes capacités d’accumulation et de conduction de la chaleur. Associées à une densité élevée, la masse de stéatite volumineuse et la technologie de combustion avancée de ces poêles permet de chauffer un grand espace pendant longtemps en douceur (plusieurs jours même si la combustion est finie) avec une quantité de bois minime. La chaleur est rayonnante et la combustion s’effectue proprement et avec un très bon rendement énergétique. Le chauffage ne nécessite qu’une quantité minime de bois, qui brûle proprement en ne produisant pratiquement pas de cendres. Les émissions sont en-deçà des normes les plus strictes au monde et la chaleur dégagée peut être exploitée par exemple en reliant le poêle au chauffe-eau.

L’empreinte carbone de la fabrication de ces poêles est intéressante car elle est compensée après une utilisation de seulement 1-2 ans.

Ce poêle de masse présentera un fourneau à bois pour la cuisson l’hiver afin de profiter de cette énergie thermique produite en lui donnant une double fonction.

La régulation thermique : solaire passif et puits climatique

Naturellement de par leur structure, la régulation thermique de nos bâtiments sera conçue pour être optimale. La conception bioclimatique réfléchie dès la conception du projet avec notre architecte spécialisé en fera une maison passive utilisant au maximum l’apport solaire avec des vitrages orientés au Sud et une implantation idéale en fonction de la course du soleil bas de l’hiver. Une maison passive est une maison qui utilise peu d’énergie pour demeurer confortable toute l’année. L’énergie solaire est exploitée passivement grâce à cette conception architecturale qui utilise l’orientation du bâtiment, les murs, les fenêtres, les planchers, le toit, le solarium, la serre, pour capter un maximum d’énergie thermique et la conserver naturellement afin d’apporter chauffage et éclairage naturels.

La bonne isolation de la maison contribuera à diminuer les déperditions de chaleur.

En été, la climatisation solaire passive isolera de l’air chaud et de la chaleur du soleil et évacuera la chaleur à l’aide d’une ventilation naturelle obtenue par l’installation de rideaux, la plantation de haies et d’arbres à des endroits stratégiques et une attention portée sur la direction des vents dominants et des brises nocturnes. 

Cette énergie est appelée passive, car elle est gratuite et sans impact sur les écosystèmes.

Cette régulation sera aussi permise, s’il nous est autorisé de le faire, par la mise en place d’un puits canadien en grès. Le puits Canadien (encore appelé puits provençal ou puits climatique) est un concept qui permet d’assurer le chauffage d’un habitat en hiver et sa climatisation en été. Le principe consiste à utiliser la température du sol pour réchauffer ou refroidir l’air extérieur, et l’amener ensuite une fois filtré à l’intérieur de la maison. La température de la terre à 3 mètres de profondeur oscille entre 7 et 12°C toute l’année, ce qui permet d’obtenir un air tempéré quelle que soit la saison

L’ensemble des tubes et accessoires seront en grès, un matériau écologique, garanti 100 ans, ne générant pas de condensation, et permettant un échange thermique efficace tout en conservant la qualité de l’air dans la maison (pas de charge électrostatique due au frottement air/plastique). Le grès est un matériau sain, stable et fait d’argile non vitrifiée et il est ce qu’il y a de mieux pour l’échange et l’inertie thermique. Les tubes et accessoires sont entièrement étanches à l’eau, à l’air et aux gaz radons grâce à la chamotte qui est recouverte par le grès de part et d’autre des tubes (intérieur et extérieur), grâce également aux joints à lèvres en EPDM qui assurent la liaison entres les tubes.

L’eau

L’eau de pluie sera collectée pour le potager et les toilettes. Le système de traitement des eaux sera indépendant comme dans toute la zone et écologique via une fosse phytosanitaire agréée ou bien avec obligation de résultats.

D’autres systèmes sont encore à l’étude de notre côté, à mettre en place et expérimenter petit à petit selon les réglementations en vigueur : valorisation énergétique des déchets organiques : biogaz, gazéification du bois pour les besoins locaux d’électricité et d’énergie de cuisson, four solaire, Cogénération (double valorisation du combustible pour produire à la fois de l’énergie électrique et de l’énergie thermique utilisable sur place dans un réseau de chaleur, installation d’une micro-turbine, d’une micro-éolienne qui sont des solutions simples d’énergie renouvelable pour la production électrique locale. Nous réfléchissons aussi sur le stockage de l’énergie. Tout cela sera pensé en fonction des réglementations en vigueur en collaboration étroites avec les autorités compétentes.

Délais de construction idéaux

2020 : Montage du dossier de présentation et contact des artisans et professionnels (plans provisoires, devis, prêt bancaire, etc.) et présentation aux différents acteurs du territoire.

Printemps 2021 : Acquisition du terrain (en prêt à usage exclusif dans un premier temps), dépollution et nettoyage des mares si autorisés. Installation des clôtures, du potager, et acquisition des matériaux revalorisés (pierres, etc.). Préparation de la maisonnette en pierres pour accueillir sa future charpente. Finalisation des plans et des devis. Présentation du dossier de permis de construire à l’automne si le changement de PLU le permet. Montage du dossier de prêt auprès de la banque. 

Printemps 2022 : si le permis de construire a été accordé et le délai de recours des tiers dépassé, achat définitif du terrain, construction du plus petit des deux ateliers pour se familiariser avec la méthode de construction. Il servira dans un premier temps d’habitation provisoire.

Printemps – été 2023 : Démontage de la charreterie et de la toiture de la maisonnette en pierres. Construction de l’atelier principal et de sa charpente connectée avec celle de la maisonnette.

Printemps-été 2024 : construction de la maison bioclimatique à ossature en rondins de bois. Rénovation de la maisonnette en pierres au fur et à mesure.

L’Orne, un territoire authentique et stratégique

Quelle zone correspondrait le mieux à cette description si ce n’est un endroit aussi préservé, naturel et connecté à l’artisanat que l’Orne ? 

L’Orne et ses paysages sauvages et authentiques en font un véritable lieu de tourisme vert avec notamment la roche d’Oëtre et la Fosse Arthour. Les villages médiévaux comme Domfront lui donne aussi tout le charme de l’ancien et démontre son lien étroit avec l’Histoire.

Son paysage forestier entre en parfaite harmonie avec notre projet de maison et d’atelier écologique en bois comme nous l’expliquons plus bas.

Sa proximité avec Caen ainsi que la région parisienne, accessibles en transports en commun directs via Flers, en font un lieu de développement stratégique et accessible tout en étant en campagne, ce qui serait l’idéal pour nos stagiaires venus de toute la France. 

Un passé métallurgique essentiel

Benjamin a découvert en 2014 le circuit du fer reliant notamment Dompierre et son musée du fer et La Ferrière-aux-étangs en contactant et en rencontrant, à la suite de sa formation de féron fèvre, Michael HERBULOT de l’Association Le Savoir & Le Fer et le président de l’association Thierry Olivier, pour procéder à une extraction de minerai à St-Clair-de-Halouze dans le but de faire une réduction de minerai historique en recréant un métal archéologique exploité par les romains il y a 2000 ans. Il a donc découvert le potentiel archéologique expérimental de cette zone.

St-Clair de-Halouze et ses alentours, l’une des zones les plus riches en fer de Normandie, a un grand passé métallurgique. L’extraction du minerai se faisait à ciel ouvert pour alimenter les anciennes forges au bois des XVIème-XIXème siècles, telles celle de Varenne, jusqu’à l’exploitation des mines de fer modernes de La Ferrière-aux-Etangs et de Saint-Clair-de-Halouze, dans les années 1900-1970. Aujourd’hui fermée, ces zones n’en sont pas moins les témoins d’une richesse du paysage souterrain ornais. 

Ainsi, un projet tel que celui-ci permettrait de faire sens en faisant connaître l’histoire de ce département, revivre un riche passé au travers d’un métier ancien toujours bien vivant et suscitant un véritable regain d’intérêt aujourd’hui, regain que nous voyons déjà depuis plusieurs années.

Nous souhaitons y développer un projet artisanal, historique et écoresponsable, en lien avec le territoire : se réapproprier le paysage sans le dénaturer, s’intégrer à l’environnement naturel en le respectant, en le revalorisant, tout en participant à l’activité de la commune et du département. Une autre façon de penser le territoire, une façon de l’habiter et de le vivre tout en la protégeant.

Un projet porteur de sens… Pour les autres aussi !

De nombreux élus et acteurs locaux (entreprises, associations…) que nous avons rencontrés soutiennent d’ores et déjà cette installation dans l’Orne. Ils y voient eux aussi un intérêt réel pour un territoire qu’ils habitent, qu’ils vivent et font vivre, et au travers de leurs regards et de leur enthousiasme, c’est tout notre projet qui prend du sens. 

Ce projet a pour vocation principale d’être le vecteur d’une histoire et de savoirs-faire bien vivants, et d’un artisanat respectueux de la nature au coeur d’un territoire valorisé et préservé. Il sera intégré au paysage local souhaitant profondément être porteur et acteur de projets et d’initiatives locales et responsables mettant en valeur la nature et le patrimoine de la Normandie.

Pour conclure, ce projet, existant déjà à l’heure actuelle dans la Manche et fonctionnant déjà, ne demande qu’un nouveau lieu d’accueil pour se développer plus encore et accueillir des visiteurs venus de la France entière dans le but de se ressourcer, de découvrir et d’apprendre. 

CONTACTS

Benjamin ALBRYCHT & Lucie BRAILLON ~ La forge d’Asgeir & L’atelier de La lettre aux ours

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